Logo Aurore

477,7 M$ en redevances : les régions ressources dénoncent un déséquilibre fiscal

Hind Dekkar
Travaux miniers
Publié le 31 juillet 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


L’industrie minière génère des centaines de millions de dollars qui viennent renforcer les finances publiques québécoises. Pourtant, une enquête Léger dévoile une aspiration de plus en plus nette chez les populations locales, indiquant que les profits de l'extraction soient directement reversés aux territoires qui servent de cadre à cette activité.

Dans l'immensité du Nord-du-Québec, où le sol recèle or, cuivre, lithium et zinc, la répartition des richesses est tout sauf une abstraction. C'est un enjeu concret qui façonne le développement au quotidien.

Un sondage Léger, commandé par l'Association minière du Québec (AMQ), montre qu'une majorité franche de Québécois plaide pour une refonte de la distribution des redevances. À l'échelle provinciale, 64 % des personnes interrogées estiment que ces sommes devraient être allouées prioritairement aux communautés d'accueil, plutôt que d'être centralisées ou partagées à parts égales avec le gouvernement provincial.

Mais c'est dans le Nord-du-Québec que la revendication atteint son intensité. Dans la région, 74 % de la population exige un retour direct des retombées, le taux le plus élevé enregistré dans la province. Suivent la Côte-Nord, avec 70 % d'appui, et l'Abitibi-Témiscamingue, à 69 %.

Un déséquilibre budgétaire qui suscite le mécontentement en milieu nordique

Lancer un projet minier en région nordique ne se limite pas à extraire un minerai. Cela implique de bâtir des milieux de vie complets et exerce une forte pression sur les infrastructures déjà en place : routes subarctiques, services de santé, équipements municipaux, logement, souvent saturés.

Une étude récente d'Aviseo souligne un déséquilibre fiscal frappant, la contribution nette des régions ressources aux recettes publiques du Québec dépasse de loin les sommes qui leur sont réinvesties sous forme de services collectifs. Les redevances minières, ces montants versés par les entreprises à l'État pour exploiter une ressource naturelle non renouvelable appartenant à la collectivité, sont ainsi au cœur des discussions.

En 2024, les sociétés minières actives dans la vingtaine de mines en exploitation au Québec ont versé 477,7 millions de dollars en redevances au gouvernement provincial. Ces recettes devraient grimper encore en 2025, portées par la flambée du prix de l'or, abondamment extrait dans le Nord québécois, notamment à la mine Éléonore et dans la ceinture d'Opatica.

Un manque de connaissances, mais un consensus sans équivoque

Même si les attentes sont vives, le sondage Léger révèle aussi une méconnaissance généralisée du fonctionnement des redevances. Seulement 15 % des répondants disent bien connaître ce mécanisme. Moins d'une personne sur deux les identifie correctement comme des versements à l'État en contrepartie de la production, et 34 % ne peuvent pas se prononcer.

Pourtant, malgré ce flou technique, l'idée d'une équité territoriale fait l'unanimité. L'Association minière du Québec appuie d'ailleurs cette orientation, estimant qu'un meilleur ancrage local des revenus renforcerait l'acceptabilité sociale des projets, dans une région appelée à jouer un rôle clé dans la transition énergétique mondiale grâce à ses gisements de minéraux critiques et stratégiques.