
Un palmarès qui fait réagir : Billy-Diamond parmi les routes les plus problématiques en 2026

CAA-Québec a publié son classement 2026 des routes les plus problématiques du Québec. Bien plus qu’un simple exercice symbolique, cette liste annuelle met en évidence les nombreux enjeux liés à l’état du réseau routier provincial. Dans la région, la route Billy-Diamond se retrouve parmi les segments les plus critiqués par les automobilistes. Un résultat basé principalement sur les signalements des citoyens et qui, selon l’organisme, peut contribuer à faire avancer certains dossiers.
Le classement n’est pas établi à partir d’expertises techniques, mais bien grâce à un vote accessible à l’ensemble des usagers de la route. « C’est un classement qui est fait à la suite d’un appel au vote », rappelle Simon Bourassa, porte-parole de CAA-Québec. Entre le 18 mars et le 13 avril, près de 6 700 personnes ont participé en désignant la route qu’elles considéraient comme la plus dégradée. Il s’agit d’ailleurs d’un niveau de participation record depuis 2022, soit deux fois plus élevé qu’en 2025.
Les raisons évoquées par les participants sont nombreuses : chaussées abîmées, nids-de-poule, fissures importantes, entretien insuffisant ou encore tracés jugés dangereux. Les citoyens avaient aussi la possibilité d’ajouter des photos à leur dénonciation. Pour CAA-Québec, cette forte mobilisation traduit un mécontentement grandissant. « C’est signe que les gens ont encore beaucoup de choses à dire sur l’état du réseau routier, qu’il y a un ras-le-bol collectif », souligne M. Bourassa.
Sécurité routière : des indicateurs qui inquiètent
Même si CAA-Québec ne possède pas de données précises concernant les accidents ou les bris mécaniques directement associés à la route Billy-Diamond, l’organisation observe une tendance marquée à travers la province. « On a pu voir une augmentation très importante du nombre de services qu’on a faits pour des crevaisons partout au Québec », indique le porte-parole.
Entre le 1er janvier et le 30 avril 2026, les demandes d’assistance liées aux crevaisons ont fortement augmenté comparativement à la même période l’année précédente. Bien que chaque cas ne soit pas analysé individuellement afin d’en déterminer la cause exacte, CAA-Québec établit un lien évident avec la détérioration des routes. Une étude menée par l’organisme il y a quelques années révélait déjà que les automobilistes québécois sont ceux qui déboursent le plus au pays pour des réparations attribuables au mauvais état des infrastructures routières. La hausse du coût des pièces ainsi que l’ampleur croissante des dommages mécaniques accentuent également cette réalité.
Présent depuis plusieurs années, ce palmarès ne dicte pas directement les décisions gouvernementales, mais il contribue à attirer l’attention sur certains enjeux régionaux. « On n’a pas la prétention de dire que le ministère des Transports ou les villes utilisent le palmarès pour prévoir leur budget », admet Simon Bourassa.
CAA-Québec remarque toutefois que l’importante couverture médiatique entourant le classement peut encourager des interventions plus rapides, particulièrement dans les secteurs moins souvent mis en lumière. « Mettre en lumière des routes dont on ne parle pas nécessairement tous les jours fait en sorte que les décideurs vont la prendre en considération », affirme-t-il.
Chaque année, l’organisme assure aussi effectuer un suivi des investissements réalisés sur les routes ayant été dénoncées. Selon CAA-Québec, plusieurs tronçons mentionnés dans les éditions précédentes ont ensuite fait l’objet de travaux, de réparations ou de programmes de réfection. Le palmarès devient ainsi à la fois un moyen de pression citoyen et un outil de sensibilisation. Pour l’organisme, l’objectif reste avant tout de maintenir l’attention sur l’état des infrastructures routières québécoises.




