Logo Aurore

Un élève sur quatre à risque de décrocher dans le Nord‑du‑Québec dès le début du secondaire

Hind Dekkar
Élèves en classe
Publié le 23 avril 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Dans le Nord-du-Québec, environ un élève sur quatre est considéré comme à risque de décrocher, une proportion qui culmine dès les premières années du secondaire. C’est ce qui ressort de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS). Les données propres à la région soulignent à quel point le passage du primaire au secondaire représente une étape déterminante, où un accompagnement accru peut faire une réelle différence pour plusieurs adolescents.

D’après l’EQSJS, 24 % des élèves du secondaire présentent un indice élevé de risque de décrochage. Comme l’explique Joanie L’Heureux, conseillère en soins infirmiers au Centre régional de santé et de services sociaux (CRSSS) de la Baie-James, cet indice s’appuie sur différents facteurs, dont les résultats scolaires, les retards accumulés et le degré d’implication. Elle précise que « ce n’est pas une prédiction de décrochage, mais un indicateur construit à partir de plusieurs questions portant sur le parcours et l’engagement des jeunes ». Les chiffres montrent que cette vulnérabilité est particulièrement marquée en secondaire 1 et 2, une période où les jeunes doivent composer avec un nouvel environnement scolaire, des exigences plus élevées et les changements liés à la puberté. Comme le rappelle L’Heureux, « le passage du primaire au secondaire représente une adaptation majeure pour les jeunes », ce qui peut fragiliser leur motivation et leur confiance en leurs capacités.

L’enquête met aussi en lumière qu’environ deux élèves sur cinq dans la région se sentent peu engagés dans leur parcours scolaire, une proportion supérieure à celle observée ailleurs au Québec. Cette tendance est surtout visible en secondaire 2, un moment où les jeunes, en pleine évolution personnelle, voient souvent leur motivation diminuer avant de reprendre de l’élan vers la fin du secondaire. « Nos élèves sont un peu moins engagés que ceux du reste du Québec », note la conseillère, tout en soulignant que les élèves de secondaire 5 démontrent généralement un engagement plus marqué, notamment en raison de leur préparation aux études postsecondaires.

Des pistes pour soutenir les jeunes… et leurs parents

Pour mieux soutenir les adolescents, Mme L’Heureux insiste sur le rôle clé d’un environnement familial positif. Elle encourage les parents à privilégier une communication ouverte, à éviter les reproches et à reconnaître les progrès, même les plus modestes. « Valoriser les efforts, même minimes, est essentiel pour soutenir la motivation », rappelle-t-elle, en ajoutant que des attentes réalistes et adaptées aident à renforcer la confiance et la persévérance.

Sur le terrain, le CRSSS de la Baie-James met en place différentes initiatives pour favoriser la réussite scolaire, notamment des activités en milieu scolaire portant sur la gestion du stress, la connaissance de soi et le développement des compétences sociales. Ces actions, bien qu’elles s’adressent à l’ensemble des élèves, contribuent directement à leur capacité à persévérer dans leur parcours.

La région bénéficie également du travail du groupe Neurones, une instance de concertation dédiée à la persévérance scolaire. Celle-ci orchestre diverses initiatives, dont les Journées de la persévérance scolaire, et offre aux parents, aux jeunes ainsi qu’aux intervenants un ensemble de ressources accessibles en ligne.