
Tornade confirmée près de Salluit : le Nord-du-Québec face à de nouveaux risques climatiques

Le Northern Tornadoes Project (NTP) a récemment confirmé la présence d’une tornade au sud de Salluit, le 21 juillet 2026 vers 10 h 15, dans le Nord-du-Québec. Observé et filmé par un géologue à proximité du lac Spartan, le phénomène a été classé EF0, soit le niveau le plus faible de l’échelle de Fujita.
Selon plusieurs sources, il s’agirait de la tornade la plus nordique recensée au Canada depuis au moins 1980, un évènement presque inédit qui soulève des questions sur l’évolution des conditions climatiques dans le Nord.
Un phénomène « rare et exceptionnel » dans un climat qui se réchauffe
Pour Patrick Bellefeuille, météorologue auprès de MétéoMédia, il est impossible d’établir un lien immédiat entre cette tornade et les changements climatiques. Il estime toutefois que le réchauffement climatique pourrait favoriser les conditions propices à la formation d'orages vers des zones plus septentrionales.
« C’est presque impossible de vous dire précisément que cette tornade est due aux changements climatiques. Si je vous parle du futur, il est certain que dans un monde qui se réchauffe, les risques d’orage seront de plus en plus au nord et pourraient être de plus en plus violents », alerte le spécialiste.
Selon lui, le printemps et l’automne pourraient être particulièrement sensibles à ces changements. Les variations de température durant ces saisons de transition risquent effectivement de mettre les écosystèmes à rude épreuve, avec de possibles conséquences pour les communautés, la faune et la flore.
Marie-Emmanuelle Bossée, vulgarisatrice scientifique chez Ouranos, qualifie pour sa part cette tornade de « rare et exceptionnel ». Elle juge que les rafales associées à la tornade ont pu atteindre 90 km/h.
« Ça s’inscrit dans tout le continuum des effets des changements climatiques à l’échelle mondiale, donc la hausse de la fréquence et de l’intensité des évènements extrêmes. […] Peu importe la région, et c’est notamment plus marqué dans les régions nordiques de la planète », ajoute-t-elle.
Des infrastructures encore peu adaptées aux vents violents
Les deux spécialistes s’accordent à dire que les infrastructures du Nord-du-Québec ne sont pas conçues pour faire face à ce type de phénomène venteux. Les travaux du NTP permettent également de mieux les documenter.
D’après M. Bellefeuille, la moyenne annuelle de tornades recensées au Québec est passée de cinq à huit et demi au cours des dernières années. Une hausse qui peut s’expliquer par l’amélioration des outils de détection par satellite, qui permettent désormais de repérer des évènements jusqu’ici inaperçus.
Ainsi, la tornade survenue près de Salluit — à environ 930 kilomètres au nord de la localité de Radisson — constitue un rappel de l’importance de surveiller l’évolution du climat et donc de mieux comprendre les risques auxquels les communautés nordiques s’exposeraient dans les prochaines décennies.




