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L'INMQ propose de nouveaux parcours de formation pour soutenir l'industrie minière

Hind Dekkar
Travaux miniers
Publié le 29 octobre 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Le secteur minier québécois et ses régions ressources continuent de composer avec une offre de formation qui ne répond pas toujours aux besoins changeants du marché du travail. Le 28 octobre 2026, l'Institut national des mines du Québec (INMQ) a rendu publics les résultats d'une étude consacrée au développement de passerelles entre la formation professionnelle (DEP) et la formation collégiale (DEC). Né d'un partenariat entre les pôles d'enseignement supérieur de l'Abitibi-Témiscamingue et de la Côte-Nord, ce projet vise à stimuler les inscriptions dans des programmes techniques stratégiques tout en réduisant le déficit de personnel qualifié, tout particulièrement dans le Nord-du-Québec.

Cinq domaines prioritaires et neuf passerelles ciblées

Les travaux de l'INMQ s'appuient sur les projections du Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'industrie minière (CSMO Mines), de Métiers Québec et d'Emploi-Québec. Selon les données du CSMO Mines, le secteur doit pourvoir plus de 14 000 postes. Près d'un emploi sur cinq exige une qualification collégiale, alors que les effectifs étudiants dans ces parcours peinent à répondre à la demande, en raison d'un manque d'attractivité et d'une méconnaissance des perspectives de carrière :

« Dans les formations du domaine minier et connexes aux mines, on observe que les inscriptions dans les programmes techniques n'évoluent pas toujours au même rythme que les besoins de l'industrie, en raison de problèmes d'attractivité, mais également de méconnaissance », souligne Marie-Eva Andriantsara, chercheuse principale du projet à l'INMQ.

Pour corriger ce déséquilibre, l'INMQ a évalué les équivalences de compétences et recommandé la création de neuf passerelles structurantes, réparties au sein de cinq secteurs à forte demande. Le domaine de l'administration spécialisée en comptabilité, paie et facturation bénéficie de trois passerelles recommandées. Le secteur de l'électronique industrielle, de l'électrotechnique, de l'instrumentation et du contrôle compte quant à lui quatre passerelles. Enfin, deux passerelles sont consacrées à la métallurgie, à la minéralurgie, aux procédés chimiques et au traitement des eaux, tandis que la géologie fait l'objet d'analyses d'équivalence visant à soutenir l'exploration et le suivi du terrain.

Baie-James : l'enjeu de la rétention régionale

Dans des territoires éloignés comme la Baie-James, où la concurrence pour attirer la main-d'œuvre est vive, des parcours fluides deviennent un outil essentiel de rétention des compétences. D'après les données gouvernementales, plus de 90 % des emplois miniers de la province se trouvent dans les régions ressources. Le Nord-du-Québec en regroupe à lui seul plus de 6 200, l'Abitibi-Témiscamingue près de 5 900 et la Côte-Nord plus de 4 600.

Les réalités industrielles varient toutefois selon le territoire. Sur la Côte-Nord, l'économie repose principalement sur l'extraction du minerai de fer et la transformation minéralurgique lourde, ce qui génère une demande accrue pour des techniciens en procédés chimiques, en automatisation et en métallurgie. À la Baie-James, l'activité se diversifie entre l'extraction de métaux précieux comme l'or et le développement de minéraux critiques et stratégiques tels que le lithium, concentrant ainsi les besoins sur le suivi géologique, la maintenance industrielle avancée et la gestion administrative des sites.

Pour la Baie-James, offrir un continuum d'études sur place évite le départ des apprenants vers les grands centres urbains. En s'appuyant sur des établissements ancrés dans leur milieu, tels que le Centre de formation professionnelle (CFP) de la Baie-James, le Cégep de Sept-Îles et le Cégep de Baie-Comeau, ces passerelles permettent de former les résidents localement et de faciliter leur insertion durable au sein des entreprises régionales :

« L'idée, c'est de former les personnes qui sont déjà sur place [...]. Si les personnes sont issues de la région, ça pourrait faciliter leur intégration dans les professions qui existent déjà dans le milieu. »

Du diagnostic à la mise en œuvre inter-ordre

L'INMQ ayant achevé l'inventaire des équivalences de compétences entre les programmes du secondaire professionnel et du collégial, la concrétisation des parcours repose désormais sur les établissements d'enseignement.

« Pour déployer ces passerelles, c'est au Cégep ainsi qu'au CFP intéressés de s'asseoir ensemble. Il s'agit pour eux d'établir une collaboration inter-ordre et ensuite d'entamer une campagne de sensibilisation auprès des publics cibles. »

Le déploiement opérationnel nécessite la signature d'ententes entre les CFP et les cégeps afin de fixer formellement la reconnaissance des acquis. Ces parcours s'adressent aussi bien aux élèves en fin de DEP qu'aux travailleurs en poste souhaitant faire reconnaître leur expérience professionnelle pour obtenir un diplôme technique (DEC). En rapprochant la formation professionnelle de l'enseignement collégial, le réseau scolaire pourrait donc se doter d'un levier agile, adapté aux réalités industrielles et territoriales du Nord québécois.