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Sonia Caron veut « réarchitecturer l’État » : la candidate péquiste à l’investiture dans l’Ungava dévoile ses motivations

Hind Dekkar
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois et Sonia Caron, candidate péquiste à l’investiture dans l’Ungava
Publié le 4 mai 2026 par Hind DekkarPaul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois et Sonia Caron, candidate péquiste à l’investiture dans l’Ungava / Photo : Parti Québécois


Sonia Caron, candidate à l’investiture du Parti Québécois dans l’Ungava, a officialisé son intention de faire le saut en politique lors d’un événement tenu le 27 avril 2026 à Chibougamau, aux côtés du chef Paul St-Pierre Plamondon. Forte d’une longue expérience en gestion dans le milieu de l’éducation et bien implantée dans le Nord, elle souhaite mettre ses compétences au service d’une région qu’elle estime encore trop mal comprise par les autorités gouvernementales.

Après plus de deux décennies passées dans le secteur public, Sonia Caron affirme avoir pris conscience des limites d’un système qu’elle considère à bout de souffle. « Il faut pour moi réparer la machine… il faut réarchitecturer l’État puis faire en sorte qu’on redonne aux citoyens les services de qualité auxquels ils s’attendent », soutient-elle. Elle évoque également la question des inégalités sociales, insistant sur sa volonté de freiner « l’écart entre les classes sociales ».

Une vision du Nord encore à préciser

Dans son annonce, Sonia Caron mettait de l’avant l’importance d’un développement nordique mieux adapté aux réalités locales. Interrogée sur une éventuelle décentralisation des pouvoirs, elle admet que plusieurs éléments restent à définir, tout en avançant que l’accession du Québec à l’indépendance transformerait profondément la prise de décision. « L’idée de l’indépendance enlève un gouvernement, donc c’est certain qu’on se rapproche de plus près des décisions », explique-t-elle.

Elle met également de l’avant la complexité du territoire. Selon elle, l’Ungava est souvent mal compris sur le plan structurel : « On a un gouvernement dans un gouvernement et même le gouvernement, par moment, ne sait pas quelles sont les spécificités du territoire nordique. » Pour l’instant, elle juge prématuré de proposer des transferts de pouvoirs précis, mais elle affirme qu’il faudra « faire complètement autrement ».

Un regard critique sur le cadre fédéral

Concernant les tensions entre les politiques fédérales et québécoises, Sonia Caron adopte une position globale. « C’est l’ensemble de la Constitution fédérale qui, pour moi, pose un problème », affirme-t-elle, évoquant des domaines comme l’immigration, la santé et le transport, qu’elle souhaiterait voir entièrement sous responsabilité québécoise.

Elle rappelle également certaines négociations difficiles, notamment en matière de transport, où le Québec n’aurait reçu « zéro somme », contrairement à d’autres provinces. Selon elle, ces enjeux prennent une ampleur particulière dans l’Ungava « de façon exacerbée », en raison de l’isolement, du coût de la vie élevée et des réalités propres aux communautés cries, inuites et jamésiennes.

L’éducation et les jeunes au cœur des priorités

À titre de directrice du Centre de formation professionnelle (CFP) de la Baie-James, Mme Caron est bien consciente des défis liés à la formation et à la rétention des jeunes en région nordique. Elle préfère toutefois rester prudente pour le moment, indiquant qu’elle détaillera ses propositions une fois officiellement investie. Elle souhaite néanmoins faire entendre la réalité du Nord à Québec et mieux expliquer « à quel niveau ça bloque ».

Elle insiste aussi sur l’importance de l’engagement citoyen, particulièrement chez les jeunes. « Ils doivent comprendre comment ça fonctionne et ils doivent sortir voter aussi, parce que c’est pour leur avenir qu’on travaille », souligne-t-elle. Elle encourage ainsi les jeunes Cris, Inuits et Jamésiens à développer leur propre pensée politique, « sans copier-coller ce que leurs parents ont comme allégeance ».

Pour l’instant, Sonia Caron se concentre sur l’étape de l’investiture. « Je vais m’assurer d’être élue et on verra par la suite », conclut-elle, laissant entendre que ses propositions plus détaillées seront présentées ultérieurement.