
Production en hausse de 35 % : la scierie de Matagami retrouve sa vitesse de croisière

Un an après la relance officielle de la scierie de Matagami sous la direction de Chantiers Chibougamau, le moment est venu de faire le point. Et tous les signaux, qu’ils soient industriels ou municipaux, vont dans le même sens : la reprise est non seulement au rendez-vous, elle dépasse même les attentes. Une véritable bouffée d’air frais pour un secteur forestier qui avait été mis à rude épreuve ces dernières années.
Une production en forte hausse, jugée « spectaculaire »
Depuis avril 2025, l’usine fonctionne pleinement au sein du groupe Chantiers Chibougamau. Dès le départ, plusieurs ajustements techniques ont été mis en place pour assurer une meilleure stabilité des opérations : « Entre janvier et avril, on a enchaîné une série de correctifs avec l’équipe déjà en place à Matagami, appuyée par nos spécialistes venus en renfort et par des ressources supplémentaires mobilisées pour l’occasion », explique Frédéric Verreault, vice-président aux affaires corporatives de Chantiers Chibougamau.
Les effets de la relance se sont rapidement fait sentir. Depuis la reprise, l’usine fonctionne à plein régime , la production est stable, les résultats sont solides et l’équipe se montre particulièrement engagée. La scierie traite désormais environ 35 % de bois de plus qu’avant sa fermeture, une progression remarquable et même inédite. Cette hausse s’explique autant par les améliorations techniques apportées aux installations que par l’énergie déployée quotidiennement sur le terrain. Cette dynamique ouvre déjà la porte à de nouveaux projets. « Si les prix du bois remontent un peu, on envisage de lancer une campagne d’embauche pour un deuxième quart de travail, et peut-être même investir plusieurs millions dans de nouveaux équipements. » Un point reste toutefois crucial, celui de l’approvisionnement en bois.
Un impact concret pour la Ville de Matagami
La relance de l’activité forestière produit déjà des effets tangibles. Du côté municipal, on observe surtout un retour à une plus grande stabilité, après des années marquées par l’incertitude et les décisions imprévisibles. Comme le souligne le directeur général de la Ville, Daniel Cliche, « le principal changement, c’est la stabilité des opérations ». Un constat qui tranche avec une époque où les fermetures et les mises à pied pouvaient survenir rapidement, souvent sous l’impulsion d’entreprises peu ancrées localement. Aujourd’hui, la dynamique semble différente, avec une volonté plus marquée de s’inscrire dans la durée, ce qui contribue à rassurer les travailleurs et l’ensemble de la communauté.
Cette stabilité profite bien au-delà de la scierie. L’ensemble du tissu économique local et régional en ressent les effets. Les transporteurs, les fournisseurs et les entreprises bénéficient d’une activité plus régulière, qui leur permet de mieux planifier leurs opérations et d’optimiser leurs investissements. « La prévisibilité devient essentielle, notamment pour des entreprises qui doivent engager des dépenses importantes en équipements », rappelle M. Cliche. Cette reprise soutient également toute la filière forestière régionale : l’approvisionnement en copeaux vers l’usine de pâte de Lebel-sur-Quévillon se maintient, la production de bois d’œuvre progresse et les activités de transformation se poursuivent à un bon rythme.
Dans ce contexte, l’industrie forestière nordique renforce son image de solidité. « Ça envoie un signal fort », résume le directeur général, évoquant un secteur capable de faire face aux défis tout en offrant des perspectives encourageantes. La possibilité d’ajouter un deuxième quart de travail demeure envisagée, mais elle dépendra en grande partie de facteurs externes, notamment l’évolution des prix du bois. L’usine a déjà fonctionné à un rythme plus soutenu par le passé, et un retour à deux quarts serait perçu comme une avancée significative. Une telle expansion s’accompagnerait toutefois de nouveaux défis, en particulier en matière de recrutement et de logement : « Ce sont des défis liés à la croissance », explique M. Cliche, insistant sur leur caractère stimulant comparativement aux difficultés associées au déclin.
Sur le plan municipal, les infrastructures actuelles pourraient absorber une hausse d’activité sans transformations majeures. En revanche, les retombées économiques seraient bien réelles, avec à la clé une augmentation des contrats, une dynamisation des commerces et une circulation accrue de capitaux dans la région.
La Ville souhaite désormais tirer parti de cette relance pour renforcer son attractivité. « Le développement de la sous-traitance et l’amélioration des infrastructures figurent parmi les priorités, mais ces ambitions demeurent étroitement liées au volume de production de la scierie. » Plus celui-ci sera élevé, plus il sera facile d’attirer de nouvelles entreprises et de diversifier l’économie locale.
Dans une municipalité comme Matagami, où l’activité industrielle repose largement sur un acteur principal, la performance de la scierie joue un rôle central. Sa stabilité et sa capacité à maintenir un bon niveau de production ouvrent des perspectives concrètes pour le développement économique. Un an après sa relance, l’usine affiche ainsi des résultats solides et contribue à redonner confiance à une population longtemps confrontée à l’instabilité. « Tous les indicateurs sont au vert pour une croissance durable », ajoute Frédéric Verreault, tout en rappelant que la répartition future de la ressource forestière restera un élément déterminant pour la suite.




