
Nord-du-Québec : une région jeune et démographiquement singulière

Entre le 1er juillet 2024 et le 1er juillet 2025, la population a augmenté dans presque toutes les régions administratives du Québec, selon l'Institut national de la statistique. Cette progression demeure toutefois plus modérée que l’année précédente, alors que plusieurs territoires avaient enregistré des sommets historiques. Le principal facteur expliquant ce ralentissement est la diminution de l’immigration temporaire, un phénomène observé à l’échelle de la province.
En 2025, le Nord-du-Québec reste la région la moins peuplée du Québec, avec une population estimée à environ 47 500 personnes au 1er juillet. La région se caractérise par une population particulièrement jeune; en effet, les moins de 20 ans représentent 34,1 % des résidents, une proportion largement supérieure à celle des autres régions, où elle dépasse rarement 23 %. À l’opposé, les personnes âgées de 65 ans et plus ne constituent que 10,4 % de la population, soit moins de la moitié de la moyenne provinciale. L’âge moyen s’établit ainsi à 33,6 ans, alors qu’il excède généralement 42 ans ailleurs au Québec.
Elle figure aussi parmi les rares endroits où le nombre de naissances demeure supérieur à celui des décès. Pour l’année 2024-2025, l’accroissement naturel est estimé à (+433) personnes. Cette dynamique positive tend toutefois à s’essouffler graduellement, en raison d’une augmentation des décès et d’une baisse progressive des naissances. Malgré ce contexte, le taux de fécondité reste le plus élevé de la province, avec un indice de 2,28 enfants par femme en 2024, comparativement à 1,33 pour l’ensemble du Québec, une situation largement attribuable aux communautés autochtones.
Sur le plan des migrations, le Nord-du-Québec continue de subir un solde interrégional négatif, une tendance bien ancrée depuis plusieurs années. En 2024-2025, la région enregistre une perte nette de 223 personnes, un niveau comparable à la moyenne observée au cours de la dernière décennie. Les migrations externes, tant internationales qu’interprovinciales, atténuent en partie ces pertes, avec un gain net de 170 personnes.
Malgré tout, les gains migratoires externes du Nord-du-Québec restent faibles en comparaison avec ceux des autres régions, proportionnellement à la population. La région se distingue également par des indicateurs de santé différents de la moyenne québécoise. L’espérance de vie y est nettement plus basse, atteignant 70,4 ans chez les hommes et 76,7 ans chez les femmes, contre respectivement 80,6 ans et 84,2 ans pour l’ensemble du Québec.




