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Matagami rappelle les règles entourant l’hébergement touristique et annonce un contrôle accru

Hind Dekkar
Hôtel de Ville de Matagami
Publié le 23 mars 2026 par Hind DekkarHôtel de Ville de Matagami / Photo : Hind Dekkar


La Ville de Matagami lance une campagne de sensibilisation pour lutter contre l’hébergement touristique illégal. Ce phénomène, qui prend de plus en plus d’ampleur au Québec, met une pression importante sur le marché locatif local. Dans un contexte où les logements se font rares, la municipalité tient à rappeler clairement les règles en place afin de rétablir un certain équilibre entre les besoins de l’industrie touristique et le droit des citoyens à se loger.

Pour le directeur général de la Ville, Daniel Cliche, il ne doit y avoir aucune confusion entre location résidentielle traditionnelle et hébergement touristique. « L’hébergement touristique illégal, c’est le fait d’offrir de l’hébergement de courte durée pour des gens de passage, un peu comme un hébergement hôtelier le ferait », explique-t-il.

Depuis la révision de la Loi sur l’hébergement touristique en septembre 2023, les règles se sont durcies à l’échelle du Québec. Désormais, tout logement loué pour une période de 31 jours ou moins doit obligatoirement être enregistré auprès de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ). En l’absence d’un numéro d’enregistrement valide, les contrevenants s’exposent à des amendes sévères. Celles-ci débutent à 2 500 $ et peuvent atteindre 25 000 $ par jour d’infraction pour un particulier, et le double pour une entreprise.

Une réalité locale surveillée

À Matagami, la Ville a déjà repéré plusieurs cas non conformes grâce à un inventaire interne détaillé. Cette analyse a permis de constater que de nombreuses unités étaient offertes à la location sans autorisation. Il est toutefois permis pour un propriétaire de louer jusqu’à deux unités dans sa résidence principale, à condition d’y habiter : « Le propriétaire occupant peut louer jusqu’à deux unités dans sa propre maison, mais il doit habiter sur les lieux », précise M. Cliche. Il rappelle qu’une maison louée en entier, sans la présence du propriétaire, ne respecte pas la réglementation et est interdite dans la majorité des zones résidentielles.

Un impact direct sur la crise du logement

Au-delà des règles administratives, la situation a des conséquences bien réelles sur l’accès au logement. « C’est extrêmement difficile de se loger à Matagami. Les maisons accaparées par les locations temporaires ne sont pas disponibles pour des gens qui veulent s’installer », souligne le directeur général.

Il ajoute que la multiplication de ces locations de courte durée dans les quartiers résidentiels entraîne aussi des désagréments, comme le bruit et des problèmes de stationnement. Selon lui, la meilleure solution reste de redonner aux logements leur vocation première, soit l’habitation à long terme.

Ville à forte activité minière et forestière, Matagami doit aussi répondre aux besoins d’un grand nombre de travailleurs temporaires. Daniel Cliche reconnaît cet enjeu, mais indique que des solutions légales sont déjà en place. L’Hôtel Matag a notamment augmenté sa capacité d’accueil, et le projet du Microtel progresse.

En parallèle, la Ville travaille sur des solutions durables, « on ne peut pas juste dire qu’on interdit sans offrir d’alternative. Pour l’hébergement touristique court terme, il existe aujourd’hui des options. Pour les travailleurs, on élabore différents projets », explique-t-il.

Vers un resserrement des contrôles

Même si la campagne actuelle mise d’abord sur la sensibilisation et la collaboration, la Ville annonce un renforcement de la surveillance. « On sait que ça génère des revenus intéressants, mais l’hébergement temporaire est permis seulement dans certains secteurs et sous certaines conditions », rappelle M. Cliche.

De son côté, Revenu Québec dispose désormais d’équipes spécialisées pour surveiller les annonces en ligne, vérifier la conformité des permis et s’assurer de la perception de la taxe d’hébergement de 3,5 %. La Ville prévient toutefois que cette période de tolérance ne durera pas indéfiniment et que des mesures plus strictes seront appliquées pour assurer le respect des règles.