Logo Aurore

Matagami crée une réserve financière dédiée aux travaux périodiques dès 2026

Hind Dekkar
Hôtel de Ville de Matagami
Publié le 16 mars 2026 par Hind DekkarHôtel de Ville de Matagami / Photo : Hind Dekkar


Lors de sa 987ᵉ séance ordinaire, le conseil municipal de Matagami a adopté une résolution visant la création d’une réserve financière consacrée aux « travaux périodiques ». En décidant d’y verser une partie de son surplus accumulé à partir de 2026, la Ville mise sur une approche plus prévoyante afin de mieux faire face aux imprévus liés aux bris techniques ou aux urgences opérationnelles.

Dans les municipalités de la province, la gestion des actifs, qu’il s’agisse des bâtiments, des réseaux d’aqueduc ou encore de la flotte de véhicules constitue à la fois la dépense la plus importante et la principale source de risques financiers. À Matagami, cette réalité est encore plus marquée en raison de l’éloignement du territoire et des conditions climatiques rigoureuses, qui peuvent rapidement faire grimper les coûts lorsqu’une réparation urgente survient.

Le maire René Dubé rappelle d’ailleurs que, même lorsqu’il est préparé avec sérieux, un budget municipal ne peut pas tout prévoir : « Dans le monde municipal, ou dans le courant d’une année, tu prévois des choses, mais il arrive que tu vois des bris ou des besoins ponctuels qui n’étaient pas budgétés », explique-t-il.

Il n’est pas rare qu’une municipalité termine son exercice financier avec un surplus. Cela arrive notamment lorsque certains projets prévus ne peuvent être réalisés dans l’année, par exemple à cause d’un manque de main-d’œuvre ou de retards dans la livraison de matériaux. Ces sommes sont alors versées dans le surplus accumulé non affecté.

À compter de 2026, un montant de 40 000 $ par année sera prélevé dans le surplus afin d’alimenter cette nouvelle réserve destinée aux travaux périodiques. Sur le plan financier, cette approche offre deux avantages majeurs. D’une part, elle permet d’éviter d’avoir recours à l’endettement pour régler des imprévus, ce qui épargne les coûts d’intérêts associés aux règlements d’emprunt. D’autre part, elle contribue à maintenir une certaine stabilité fiscale, en réduisant le risque de devoir augmenter les taxes foncières en cours d’année pour compenser une dépense imprévue.

La réserve servira notamment à financer des interventions ponctuelles mais fréquentes, comme le remplacement d’une pompe dans une station de pompage, la réparation d’une portion de chaussée endommagée après un gel précoce ou encore la remise en état d’un véhicule lourd essentiel aux opérations de déneigement.

Passer d’une gestion réactive à une gestion planifiée

Pour René Dubé, cette décision a pour but de privilégier la planification plutôt que la gestion en mode urgence. Grâce à cette réserve, l’administration municipale et le service des travaux publics disposeront d’une marge de manœuvre immédiate pour intervenir rapidement, sans devoir modifier le budget de fonctionnement ou retourner devant le conseil municipal.

L’initiative s’inscrit d’ailleurs dans les bonnes pratiques recommandées par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH). L’utilisation du surplus non affecté pour constituer des réserves dédiées est souvent considérée comme un signe de saine gestion financière. Elle permet d’étaler les dépenses dans le temps et de protéger les contribuables contre les impacts financiers de situations imprévues, tout en assurant la continuité des services offerts à la population.