
Malgré la pression tarifaire américaine et la hausse des coûts de l’énergie, Chantiers Chibougamau tient le cap

Les nouveaux droits de douane américains de 50 % imposés depuis le 22 août sur plusieurs produits canadiens, notamment dans le secteur forestier, ne semblent pas se faire sentir directement chez Chantiers Chibougamau.
Une possible situation « très inconfortable » si les conditions persistent
Auprès de l’Aurore Info, l’entreprise jamésienne déclare néanmoins être confrontée depuis plus d’un an à des tarifs qui impactent fortement ses ventes de bois d’œuvre vers les États-Unis, alors que le départ de nombreux travailleurs recrutés à l’international a récemment été recensé. Toutefois, Chantiers Chibougamau affirme que cette pression commerciale s’ajoute à un contexte économique mondial incertain.
« Depuis un an déjà, on compose avec une perte de revenus de 45 % sur nos ventes de bois d’œuvre. Les planches telles qu’on les fabrique à Matagami, vendues aux États-Unis, sont amputées de 45 % du prix de vente versé dans les coffres du gouvernement américain », explique Frédéric Verreault, vice-président aux affaires corporatives chez Chantiers Chibougamau.
L’entreprise travaille avec d’autres acteurs régionaux dans le domaine forestier, dont l’usine de pâte kraft de Lebel-sur-Quévillon. Ainsi, si les conditions actuelles devaient perdurer encore plusieurs semaines, M. Verreault estime que Chantiers Chibougamau pourrait se retrouver dans une situation « très inconfortable », avec une éventuelle « incidence sur la stabilité de la production ».
Des coûts supplémentaires liés au transport régional
Chantiers Chibougamau envisage toujours certains investissements au cours des prochains mois, à l'exemple de la scierie de Matagami. Toutefois, la capacité de l’entreprise à démarrer ces projets reste liée à l’évolution du contexte économique et géopolitique.
« Il y a la guerre commerciale, mais il y a aussi l’instabilité géopolitique mondiale avec l’effet sur les coûts de l’énergie, rappelle Frédéric Verreault. Chez Chantiers Chibougamau, on consomme énormément de carburant pour déplacer la matière de la forêt aux usines, et des usines aux lieux de consommation ». En juillet 2026 seulement, la facture de carburant consacrée au transport a augmenté de 500 000 $ par rapport au budget initialement prévu pour la même période.
La main-d’œuvre étrangère au cœur des préoccupations
À l’enjeu tarifaire ou énergétique vient s’ajouter celui de la main-d’œuvre : Chantiers Chibougamau affirme avoir actuellement toujours de nombreuses commandes à livrer « malgré le chaos et les perturbations », mais doit néanmoins gérer la récente perte d'une douzaine de travailleurs étrangers.
« Il y a une action des gouvernements qui peut faire une différence majeure pour réduire notre vulnérabilité : c’est de suspendre l’expulsion des travailleurs issus du recrutement international de nos usines. […] On a de la demande pour nos produits et, depuis quelques semaines, on vient de perdre une douzaine de travailleurs — notamment à Matagami », constate Frédéric Verreault.
Par conséquent, le vice-président aux affaires corporatives demande aux gouvernements de mettre en pause les procédures menant au renvoi de certains de ces employés étrangers. Il attribue cette situation vraisemblablement à un gel administratif décidé par Ottawa et estime qu’une intervention gouvernementale pourrait avoir un effet concret sur les capacités de l’entreprise et ses activités.




