
Développement durable et partage de la richesse : Sandrine Rioux présente la vision libérale pour le Nord-du-Québec

Alors que le compte à rebours vers le scrutin du 5 octobre 2026 s'accélère, la campagne électorale prend une tournure résolument itinérante dans la vaste circonscription d’Ungava. De passage à Matagami pour y poser ses affiches, rencontrer le maire René Dubé ainsi que les dirigeants de l’Administration régionale Baie-James (ARBJ), la candidate du Parti libéral du Québec (PLQ), Sandrine Rioux, mène un marathon de terrain de près de neuf jours à travers les communautés autochtones et jamésiennes du territoire.
De Lebel-sur-Quévillon à Waswanipi, en passant par Mistissini, où elle a assisté à l’investiture du nouveau conseil de bande, la candidate entend sillonner le Nord-du-Québec d’est en ouest et du sud au nord, avec des arrêts prévus notamment à Waskaganish, Chisasibi, Radisson, Nemaska, puis dans la localité de Villebois–Beaucanton : « J'ai du temps, je veux vous rencontrer, je veux aller sur le terrain et voir les gens, donc c'est pour ça aussi qu'on fait la tournée. J'ai la chance d'avoir un parti qui croit à être présent en personne et qui me donne les moyens de pouvoir faire une telle tournée », explique la candidate libérale.
Un moteur économique provincial, des retombées locales jugées insuffisantes
Les minéraux stratégiques et la transition énergétique s’imposent désormais comme des thèmes centraux de la campagne électorale. Dans la région, la question du partage équitable de la richesse issue du Nord constitue l’un des enjeux les plus déterminants.
Le Nord-du-Québec produit beaucoup. Avec un PIB par habitant qui frôle les 150 000 $, le territoire figure parmi les principaux contributeurs fiscaux du Québec, porté par l'extraction de minéraux critiques, la foresterie et l'hydroélectricité. Mais Sandrine Rioux pointe un déséquilibre, à savoir la richesse sort du sol mais les investissements ne reviennent pas dans les milieux de vie nordiques.
Pour retenir les ménages et rendre le territoire plus attractif, le PLQ propose d'affecter une part des redevances minières et industrielles directement aux municipalités et aux collectivités locales. Cet argent servirait à moderniser les routes, renforcer les services publics et consolider les infrastructures régionales. Selon la candidate, l'idée rassemble largement, maires, gouvernements cris et même les dirigeants des entreprises extractives.
« Les minières me l’ont dit : si l’argent des redevances va directement aux collectivités, nous sommes très contents, car cela signifie que nos employés seront présents, habiteront le territoire et y resteront. »
Concilier extraction stratégique et rigueur environnementale
La demande pour les ressources de la décarbonation grimpe. Sandrine Rioux refuse d'y voir un feu vert sans conditions, l'essor industriel doit aller de pair avec le respect de l'environnement et une cohabitation harmonieuse avec les nations autochtones. Elle rappelle que le développement durable figure parmi les principes directeurs de son parti et soutient que le durcissement des critères écologiques peut moderniser l'industrie plutôt que la freiner, afin de mieux protéger les bassins hydrographiques et les écosystèmes nordiques, tout en poussant le privé vers des pratiques extractives de pointe, pensées pour les générations suivantes.
« Je ne crois pas qu’il s’agisse de choisir une option plutôt qu’une autre. Au contraire, les contraintes constituent souvent un moteur d’innovation, elles stimulent l’émergence de nouvelles idées et favorisent le développement. »
Les équipes d'extraction et les communautés continuent leurs activités au cœur de ce réservoir de ressources stratégiques. Reste à voir quel poids aura le débat sur la ristourne des redevances aux milieux producteurs dans le choix des électeurs d'Ungava.




