
Investissements fédéraux : Ottawa promet un virage durable pour les enfants inuits et les communautés nordiques

Le gouvernement fédéral a dévoilé une série d’investissements afin d’améliorer l’accès des enfants inuits aux services essentiels et de consolider la santé, la sécurité alimentaire ainsi que l’autodétermination partout dans le Nunangat inuit. En visite à Kuujjuaq, la ministre des Services aux Autochtones et députée d’Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou, Mandy Gull-Masty, a présenté le 19 février 2026 des mesures totalisant plus de 230 millions de dollars.
Ces annonces prennent place dans une circonscription hors norme — la plus vaste du Québec — où les réalités du Nunavik et de la Baie-James se croisent, sans pour autant être identiques. Les défis liés à l’accès aux services, au coût de la vie et à la santé publique y revêtent des formes distinctes, mais souvent complémentaires.
Le gouvernement prolonge jusqu’en 2027 l’Initiative Inuit Child First, avec un financement de 115 millions de dollars. Ce programme permet aux enfants inuits d’obtenir rapidement des services en santé, en soutien social et en éducation, sans se heurter à des lourdeurs administratives. Pour la ministre Gull-Masty, il s’agit d’une réponse directe aux besoins exprimés sur le terrain : « C’est un programme qui aide les familles pour vraiment réduire les coûts de la vie. On augmente le soutien pour que les enfants reçoivent les services dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. » Cette somme s’inscrit dans une démarche plus large visant à mettre en place une solution pérenne, élaborée en collaboration avec les organisations inuites.
La tuberculose : un défi sanitaire toujours d’actualité
Dans plusieurs communautés du Nunavik, la tuberculose demeure préoccupante, avec des taux d’incidence parmi les plus élevés au Canada. Ottawa prévoit 27 millions de dollars sur cinq ans pour appuyer des initiatives de prévention, de dépistage et de traitement pilotées par des organisations inuites. La ministre insiste sur la nécessité d’intervenir rapidement :
« Il y a beaucoup de cas de tuberculose dans les communautés inuites et les gens le voient au quotidien. »
Cette initiative s’inscrit dans l’engagement pris en 2018 d’éliminer la tuberculose dans l’Inuit Nunangat d’ici 2030.
Sécurité alimentaire : répondre à un coût de la vie devenu critique
Dans le Nord, le prix des aliments et des produits essentiels représente un enjeu majeur. Le gouvernement fédéral annonce un investissement de 30 millions de dollars pour répondre aux besoins urgents du programme Nutrition North Canada, qui soutient l’approvisionnement en denrées périssables dans 124 communautés isolées, ainsi qu’un financement de 6,7 millions de dollars destiné au Northern Isolated Community Initiatives Fund afin d’appuyer des projets locaux liés à la production, à la transformation ou à la distribution alimentaire. Selon la ministre : « On veut vraiment réduire l’écart du coût de la vie et aider les petits groupes à établir un accès stable et concret aux besoins essentiels. »
Des répercussions possibles en Baie-James : une dynamique régionale distincte
Ces mesures visent d’abord les communautés inuites du Nunavik, mais certaines pourraient aussi se répercuter en Baie‑James. La région n’a pas accès à l’ensemble des programmes réservés aux Inuits, même si plusieurs réalités y ressemblent, comme le coût très élevé du transport et des aliments dans les communautés isolées par avion ou par de longues routes, les difficultés de recrutement dans les écoles, les établissements de santé et les services sociaux, ainsi que le besoin de nouvelles infrastructures. La ministre souligne qu’un village du sud du Nunavik, Kuujjuarapik, situé à la limite de la Baie-James pourrait bénéficier directement de certaines annonces.
Ottawa confirme également un investissement de 50 millions de dollars pour appuyer la création de l’Université inuit Nunangat. Il s’agira de la première institution universitaire au pays dirigée par des Inuits. Son objectif étant de promouvoir l’inuktut, valoriser les savoirs inuits et renforcer l’autodétermination dans le domaine de l’enseignement supérieur. Même implantée dans l’Inuit Nunangat, cette université pourrait avoir des retombées plus larges, notamment pour les jeunes de la Baie-James intéressés par les études nordiques, les langues autochtones ou les savoirs traditionnels.




