
Développement nordique : la SPN mise sur la concertation pour relever des défis croissants

Dans le Nord-du-Québec, les défis liés au développement se multiplient et s’entremêlent, façonnant un territoire où les dimensions économiques, sociales et environnementales doivent être pensées ensemble. Pour la Société du Plan Nord (SPN), il ne s’agit pas de traiter ces enjeux séparément, mais plutôt de les considérer comme des occasions de collaboration. C’est la vision portée par Julie Simone Hébert, vice-présidente au développement durable et aux partenariats en territoire nordique auprès de la SPN.
Un territoire marqué par le navettage et ses effets en chaîne
Le navettage, ces déplacements fréquents entre le domicile et le lieu de travail s’impose aujourd’hui comme une réalité majeure dans la région. Le Nord-du-Québec se distingue d’ailleurs par l’un des taux les plus élevés au Québec, tant dans les communautés autochtones que non autochtones. D’après Mme Hébert, ce phénomène engendre des impacts significatifs : « Le navettage a des impacts sociaux, économiques et environnementaux importants, et il crée un cycle de dévitalisation qui devient difficile à renverser ».
La pandémie semble avoir amplifié cette dynamique, installant durablement un problème désormais qualifié de « chronique », également observé dans d’autres régions comme la Côte-Nord. Face à cela, municipalités et instances régionales multiplient les demandes de soutien. La SPN affirme y répondre en prenant part activement aux espaces de concertation, notamment les Conseils régionaux des partenaires du marché du travail.
L’arrimage entre la formation et l’emploi constitue un autre enjeu central. La SPN met de l’avant l’importance de développer la formation directement dans le Nord afin d’encourager l’établissement durable des travailleurs. « La formation de la main-d’œuvre, quand elle se fait régionalement, a un impact direct sur la vitalité et l’établissement des populations », rappelle Mme Hébert. Ces questions sont régulièrement abordées au sein de l’Assemblée des partenaires de la SPN, où l’on discute aussi d’éducation, de services de proximité et de santé communautaire.
Ressources critiques : trouver l’équilibre entre développement et protection
Le Nord-du-Québec occupe une place clé dans la stratégie québécoise liée aux minéraux critiques et stratégiques (MCS), indispensables à la transition énergétique. Le potentiel du territoire est considérable, mais il se déploie dans un environnement fragile. Pour la SPN, l’objectif est de concilier exploitation et préservation. « Il faut que ce développement soit cohérent et en respect des objectifs de développement durable », insiste Mme Hébert.
L’organisation indique collaborer avec différents ministères afin de s’assurer que les communautés locales tirent de réels bénéfices des projets, tout en veillant à une gestion environnementale rigoureuse. Elle mise sur l’expertise interne et gouvernementale pour analyser les initiatives, encourager les partenariats locaux et soutenir les projets émergents, notamment du côté de la Baie-James.
Logement, infrastructures et vitalité : un effort collectif
À l’image du reste du Québec, le Nord fait face à une crise du logement, avec des défis propres à son contexte. La SPN a renforcé sa collaboration avec la Société d’habitation du Québec (SHQ) à la suite d’un avis formulé par son Assemblée des partenaires. L’objectif étant de mieux cerner les besoins, appuyer les projets et accélérer la mise en place de solutions adaptées. Pour Mme Hébert, tout repose sur la coopération.
Photo : Société du Plan Nord Julie Simone Hébert, vice-présidente au développement durable et aux partenariats en territoire nordique auprès de la Société du Plan Nord (SPN)La SPN se présente ainsi comme un acteur central, cherchant à harmoniser les besoins des communautés, les ambitions économiques et les exigences environnementales. Dans un territoire aussi vaste que stratégique, cet équilibre demeure délicat, mais essentiel pour assurer sa vitalité et soutenir la transition énergétique du Québec.
L'organisme affirme vouloir appuyer les initiatives locales et régionales afin de générer des retombées à l’échelle du Québec. Interrogée sur les priorités d’investissement, Mme Hébert souligne que la SPN agit toujours en collaboration avec ses partenaires et participe actuellement à la mise en œuvre du Plan d’action nordique 2023-2028. Une réflexion de fond est en cours pour définir ce que l’organisation appelle « l’ambition nordique », soit les grandes orientations de la prochaine stratégie de développement durable du Nord-du-Québec.
Au cours des prochains mois, des rencontres, consultations et événements permettront de cerner les enjeux prioritaires ; à savoir, main-d’œuvre, logement, services, vitalité ainsi que les infrastructures nécessaires pour désenclaver le territoire et soutenir les projets majeurs, notamment ceux liés aux minéraux critiques et stratégiques. Pour la SPN, cette démarche vise à préparer l’avenir en concertation avec les communautés, les gouvernements et les acteurs économiques, afin de permettre au Nord-du-Québec d’allier développement, résilience et durabilité.




