
Fusillade mortelle à Mistissini : enquête en cours sur un possible règlement de comptes

La communauté crie de Mistissini tente de reprendre son souffle après une nuit marquée par une violence d’une intensité inhabituelle. Moins de vingt-quatre heures après une fusillade ayant fait deux morts, les autorités estiment qu’il s’agirait vraisemblablement d’un règlement de comptes lié au trafic de drogues. Bien que le confinement décrété par la Nation crie ait été levé, un climat d’inquiétude persiste parmi les résidents.
Une attaque délibérée, selon la Sûreté du Québec
D’après le sergent Hugues Beaulieu, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), les faits se sont produits le 28 janvier, aux alentours de 21 h. Des citoyens ont alors signalé des coups de feu. Les policiers ont rapidement repéré un véhicule lourdement endommagé par des projectiles sur la rue Riverside. « Les deux occupants, âgés de 29 et 30 ans, ont été transportés au centre hospitalier, où leur décès a malheureusement été constaté », a précisé le sergent Beaulieu. Les victimes se trouvaient toujours à l’intérieur du véhicule à l’arrivée des policiers.
Les premiers éléments de l’enquête excluent la thèse d’un tireur actif. « Tout porte à croire qu’il s’agit d’un règlement de comptes en lien avec le crime organisé et le trafic de stupéfiants », a ajouté le porte-parole. Aucun suspect n’a, pour l’instant, été appréhendé.
Aux premières heures de la matinée, le corps de police Eeyou Eenou (EEPF) a sollicité l’assistance de la SQ afin d’assurer la sécurité du secteur et de prendre en charge l’enquête. Le Service des enquêtes sur les crimes contre la personne a été déployé, accompagné de techniciens spécialisés en identité judiciaire. « Nous voulons comprendre précisément ce qui s’est passé et dans quelles circonstances », a indiqué le sergent Beaulieu. Les enquêteurs ont consacré la matinée à l’analyse de la scène et à la rencontre de témoins potentiels.
Une population sous le choc
Par mesure de précaution, la Nation crie de Mistissini avait décrété un confinement total au lever du jour. Routes barrées, écoles et services administratifs fermés, consigne stricte de rester à l’intérieur : la communauté a traversé plusieurs heures d’incertitude. Dans un message adressé aux citoyens, le chef Michael Petawabano faisait état de « plusieurs victimes » et appelait la population au calme. Un service de soutien psychologique devrait être déployé afin d’accompagner les familles et les proches touchés par ce drame.
La Sûreté du Québec rappelle l’importance de transmettre toute information pertinente directement aux forces de l’ordre. « Si des citoyens détiennent des renseignements, il est préférable de communiquer avec la police plutôt que de les diffuser sur les réseaux sociaux », souligne le sergent Beaulieu. L’enquête se poursuit et les autorités invitent toute personne ayant observé des comportements ou des événements suspects à se manifester.




