
« L’œuvre inachevée » : une exposition pour comprendre le parcours de ceux qui ont bâti la Baie-James

Une recherche de longue date sur l’identité jamésienne
La Société d’histoire de la Baie-James présente, depuis ce vendredi 4 septembre et jusqu’au 16 octobre, « L’œuvre inachevée », une exposition inédite de l’artiste multidisciplinaire basée à Lebel-sur-Quévillon, Stacy-Ann Oliver.
Loin des cartes géographiques et des grands projets planifiés à long terme, l'exposition souhaite mettre en lumière le territoire vécu à travers les villes et les localités, mais aussi les familles qui les peuplent et les aventures qu’elles ont à raconter.
Le projet a pu bénéficier, en 2024, d’un soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec. Dans le cadre de sa démarche, l’artiste a également collaboré avec la Société d’histoire de la Baie-James, qui lui a donné accès à un fonds d’archives consacré à l’inauguration des barrages hydroélectriques.
« C’était une recherche sur l’identité jamésienne en collaboration avec la Société d’histoire [de la Baie-James]. Eux m’avaient prêté un fonds d’archives qui couvrait l’inauguration des barrages hydroélectriques », explique Stacy-Ann Oliver.
Derrière les grands barrages, les vies qui ont formé le territoire
C’est en consultant les photographies de ce fonds d’archives que l’artiste a commencé à remettre en question l’image présentée de la Baie-James à cette époque. Les clichés du début des années 1970 montraient les grands ouvrages et la présence de nombreux journalistes, mais très peu de travailleurs sur le terrain.
Stacy-Ann Oliver a rapidement constaté que « ce n’était pas du vrai monde ». Une question est alors devenue centrale au cœur du processus de création : « Au-delà des barrages, qui a vraiment construit la région et grâce à qui est-elle ce qu’elle est aujourd’hui ? »
L’artiste s’est alors mise à rechercher des profils de personnes ayant pu participer au développement régional durant les années 1970 et 1980, parfois dans des rôles moins visibles que ceux associés aux grands projets hydroélectriques.
Des infirmières, des commerçants et d’autres travailleurs sont représentés. L'exposition s’intéresse plutôt aux villes et aux localités, mais aussi aux familles qui les peuplent et aux aventures qu’elles ont à raconter.
Quatre œuvres pour constituer « L'œuvre inachevée »
« L’œuvre inachevée » rassemble quatre œuvres principales, dont deux grandes impressions photographiques et une vingtaine de portraits.
L’exposition comprend également un dessin incomplet de cinq pieds par dix pieds, ainsi qu’une mise en scène conçue autour d’une machine à écrire et de morceaux de papier. Cette dernière évoque notamment le bureau d’une secrétaire des années 1970 et cherche à recréer une ambiance similaire à la période.
« Pour moi, c’est comme si la Baie-James était une œuvre inachevée. On a construit ces colosses, ces barrages, et ensuite les grandes institutions se sont un petit peu retirées : c’est comme si elles n’avaient pas prévu qu’une vie allait se poursuivre », confie Stacy-Ann Oliver.
Lors du vernissage, organisé sous la formule 5 à 7 ce jeudi 3 septembre de 17 h à 19 h, le public a pu rencontrer Stacy-Ann Oliver. Une vingtaine de personnes auraient participé à cette première soirée offerte à la veille du lancement officiel, selon l’artiste multidisciplinaire.
L’exposition est accessible à la Société d’histoire de la Baie-James jusqu’au 16 octobre. Bien qu’elle soit présentée au même moment que la deuxième édition de la Semaine du patrimoine de la Baie-James, qui débute aujourd’hui, les deux évènements ne sont pas liés.




