
De Kuujjuaq à l’Assemblée nationale : Denis Lamothe met fin à un long parcours au service du Nord

Après deux mandats à l’Assemblée nationale, le député d’Ungava Denis Lamothe a annoncé le 9 janvier dernier qu’il ne sera pas candidat aux élections provinciales prévue pour le 5 octobre 2026. Il décrit cette décision comme l’aboutissement logique d’un long parcours professionnel entièrement tourné vers le Nord québécois, que ce soit en politique ou au sein de la Sûreté du Québec. « J’ai pris le temps d’y penser pendant la période des Fêtes », confie-t-il. Aujourd’hui âgé de 68 ans, Denis Lamothe explique ressentir le même besoin de changement qu’en 2008, lorsqu’il avait mis fin à près de trente années de service à la Sûreté du Québec. « À l’époque, je voulais vivre autre chose. Aujourd’hui, c’est similaire : je souhaite prendre soin de ma santé et profiter davantage de ma famille. » Il tient toutefois à préciser que son départ n’est aucunement lié à une fatigue politique. « Je n’ai pas de plan précis pour la suite. C’est simplement le bon moment pour moi. »
Un territoire clé, mais encore sous-estimé
Installé dans le Nord depuis la fin des années 1980, M. Lamothe a œuvré auprès des communautés cries, inuit et jamésiennes bien avant son entrée en politique. Cette expérience lui a permis de développer une compréhension approfondie d’une région qu’il estime encore trop mal connue à Québec : « Le Nord est souvent méconnu et pas reconnu à sa juste valeur », soutient-il. Il rappelle que l’hydroélectricité, les ressources minières et le secteur forestier représentent des moteurs essentiels pour l’économie québécoise, mais demeurent trop peu mis de l’avant dans les discussions provinciales. Il reconnaît néanmoins certaines avancées récentes : « On commence tranquillement à être écoutés. Plusieurs dossiers ont avancé. »
Des dossiers à finaliser avant la fin du mandat
Avant de quitter ses fonctions, le député souhaite solidifier plusieurs enjeux prioritaires, notamment en matière de sécurité civile. « Des postes avaient été supprimés pour des raisons budgétaires. Ils n’ont pas encore pu être rétablis, mais les démarches se poursuivent et le travail reste à compléter. » Il insiste sur la nécessité de conserver une structure régionale solide, adaptée à un territoire vaste, éloigné et complexe. Il réaffirme aussi son soutien aux organismes communautaires, qu’il considère indispensables à la vitalité locale. « On avait pris des engagements envers eux, et je veux m’assurer de les respecter jusqu’au bout. »
Une présence sur le terrain au cœur du mandat
Selon le député, représenter une circonscription aussi immense exige avant tout une présence constante sur le terrain. « Si j’ai été élu en 2018, c’est parce que je me suis déplacé partout. Je l’ai toujours fait, autant dans les villes que dans les communautés. » Cette proximité, dit-il, passe souvent inaperçue dans l’espace médiatique, mais demeure essentielle. « Les citoyens le savent quand je vais les rencontrer. C’est ça l’important. »
Dans son message de départ, Denis Lamothe remercie chaleureusement les citoyens pour leur confiance et leur résilience, qualifiant son rôle de député de véritable « privilège ». Il souligne également la collaboration avec le premier ministre François Legault, qu’il remercie pour sa confiance et son appui au développement du Québec. Son annonce ouvre désormais une période d’incertitude dans la circonscription d’Ungava, où les enjeux territoriaux, autochtones, économiques et logistiques demeurent parmi les plus complexes de la province.




