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Compétences minières : l’INMQ demande à Québec d’accélérer la modernisation des programmes

Hind Dekkar
Industrie minière
Publié le 27 avril 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


L’Institut national des mines du Québec (INMQ) a récemment adressé un avis officiel à la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, dans lequel il recommande de moderniser les programmes de formation professionnelle. L’objectif est d’adapter l’enseignement technique aux exigences actuelles liées à l’extraction et au traitement des minéraux critiques et stratégiques (MCS), notamment le lithium et le graphite.

Le rapport à l’origine de cet avis s’intéresse principalement aux régions minières de la Côte-Nord, de l’Abitibi-Témiscamingue et, surtout, du Nord-du-Québec. Du côté de la Baie-James, le principal défi concerne l’adéquation entre les compétences de la main-d’œuvre locale et les technologies de traitement du minerai, de plus en plus avancées.

L’INMQ base son analyse sur un constat simple, le Diplôme d’études professionnelles (DEP) en conduite de machines de traitement de minerais n’a pas été révisé officiellement depuis 2004. Selon Christine Duchesneau, présidente-directrice générale de l’INMQ, ce retard ne permet plus de répondre aux exigences actuelles du secteur :

« Notre avis souligne que certains programmes, comme la conduite de machines de traitement du minerai, ne sont plus à jour. Il faut s’assurer que les travailleurs soient en mesure de s’approprier rapidement et efficacement les modes de fonctionnement des équipements qui sont rendus de plus en plus numérisés. »

De nouvelles compétences à intégrer

L’avis comprend 9 constats et 14 recommandations. Deux aspects ressortent particulièrement ; à savoir, la numérisation croissante des procédés et l’importance de la précision physico-chimique. Dans les exploitations de lithium et de graphite, la maîtrise des techniques comme la flottation devient essentielle pour atteindre les niveaux de pureté exigés sur les marchés internationaux. « On parle beaucoup de critères de pureté au niveau du lithium et du graphite qui sont extrêmement importants dans ce processus-là. Il faut s’assurer que les étudiants aient une notion beaucoup plus approfondie de toute cette instrumentation-là et des critères de qualité », explique Mme Duchesneau.

La mise en œuvre de ces recommandations entraînera aussi des changements concrets dans les centres de formation. Le Centre de formation professionnelle (CFP) de la Baie-James est directement concerné, puisqu’il fait partie des rares établissements disposant d’une usine-école.

L’INMQ insiste sur la nécessité d’une réaction rapide du ministère de l’Éducation. L’enjeu est d’amorcer la révision des programmes dans un délai de quelques mois afin de soutenir efficacement le développement du secteur minier québécois. « Nous souhaitons vraiment que ce dossier soit mis au-dessus de la pile. Nous allons réussir à avoir une mise à jour dans les prochains mois, nous l'espérons, de cette formation qui est extrêmement prioritaire pour le Québec », conclut Christine Duchesneau. Le dossier est maintenant entre les mains du ministère, qui devra préciser comment ces changements seront déployés dans les établissements concernés.