
Accès aux soins buccodentaires : l'heure de « sonner l’alarme » dans les régions éloignées du Québec

Alors que le budget 2026-2027 a été présenté à la mi-mars par le ministre des Finances Eric Girard, l’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) déplore un manque de mesures structurantes permettant d'améliorer l’accès aux soins buccodentaires, particulièrement dans les régions comme le Nord-du-Québec.
Une situation jugée préoccupante par les professionnels du secteur, qui exigent des actions rapides pour corriger des inégalités durables.
Un manque d’incitatifs pour attirer les professionnels
Pour la présidente de l’ACDQ, Dre Marie-Claude Desjardins, la problématique n’est pas nouvelle, mais elle s’est aggravée peu à peu : il est temps de « sonner l’alarme ».
« Depuis plusieurs années, c’est très difficile d’attirer des professionnels de la santé buccodentaire dans plusieurs régions du Québec, dont le Nord-du-Québec. […] Dans le budget, on aurait aimé voir plus d’actions du gouvernement : proposer des incitatifs ou bonifier ce qui est déjà offert aux dentistes pour aller travailler dans ces régions-là », avance-t-elle au micro de l'Aurore Info.
Selon l’Association des chirurgiens dentistes du Québec, l’absence de mesures concrètes dans le plus récent budget risque d’aggraver une situation déjà précaire.
De lourdes conséquences pour les populations nordiques
Cette baisse d’attractivité de professionnels de la santé buccodentaire a des impacts bien réels sur les citoyens vivant en régions éloignées. Une situation qui contribue à creuser les inégalités en matière d’accès à des soins pourtant essentiels.
« Dans les populations plus au nord, ça fait des années que les gens n’ont pas eu de suivi ou très peu, que les caries ont grossi. […] Dans les régions éloignées, il y a une plus grande demande parce qu’il y a de plus grands besoins ; et ça fait des années que c’est comme ça », insiste Dre Desjardins.
Faute d’accès à des services de proximité, certains patients doivent parcourir de longues distances — parfois plusieurs centaines de kilomètres en voiture, voire en avion — pour consulter un dentiste.
Malgré ce constat préoccupant, l’ACDQ demeure engagée dans des discussions avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, alors qu'une entente liant les deux parties est échue depuis 2023.




