
À la Baie‑James, la lutte contre le racisme commence par un récit partagé

Dans le cadre de la Semaine d’action contre le racisme, qui se déroule du 21 au 31 mars 2026, le Centre de services scolaire de la Baie-James (CSSBJ) a choisi une approche à la fois accessible et ambitieuse : utiliser la lecture comme outil de prévention. Avec son projet « Coffre aux trésors », l’organisation met à la disposition de toutes les écoles primaires des bacs remplis de livres sélectionnés avec soin, dans le but d’élargir les perspectives des élèves et de favoriser un environnement scolaire plus inclusif.
Des livres pour mieux saisir la réalité des autres
Bien plus qu’un simple ajout aux bibliothèques scolaires, cette initiative s’inscrit dans le plan de lutte contre la violence et l’intimidation. Les ouvrages proposés plongent les élèves dans diverses réalités culturelles, notamment celles des communautés cries, qui font partie intégrante de l’histoire du territoire. Parmi les titres, on trouve un documentaire consacré à la nation crie, un album portant sur la culture québécoise, ainsi que des livres explorant des modes de vie à travers le monde.
« Ce projet pédagogique permet aux enseignants du préscolaire et du primaire d’exploiter les albums et les documentaires présents dans le coffre afin de transformer la lecture en un outil de vivre-ensemble », explique Marie-Michelle Leblanc, coordonnatrice du Service de l’enseignement et des services complémentaires du CSSBJ. Elle précise d’ailleurs que l’objectif est de : « bâtir un environnement éducatif où chaque élève peut évoluer dans un milieu sain, sécuritaire et bienveillant ».
Miser sur l’empathie
Au cœur de l’initiative se trouve une idée simple; à savoir mieux comprendre les autres aide à limiter les comportements d’exclusion ou de moquerie. En exposant les jeunes à des histoires qui valorisent l’inclusion, la diversité et le respect, le CSSBJ souhaite intervenir en amont des situations d’intimidation. « En apprenant à connaître l’autre, souvent on est capable de déconstruire lentement les préjugés », souligne Mme Leblanc. Les enseignants ne sont pas seuls dans cette démarche, des animateurs en développement personnel et en engagement communautaire les accompagnent pour animer des activités et nourrir les échanges autour des lectures proposées.
Même si la Semaine d’action contre le racisme agit comme point de départ, le Centre souhaite que cette initiative s’inscrive dans la durée. Les écoles sont d’ailleurs encouragées à bonifier leur coffre en y ajoutant des ouvrages provenant de leurs propres collections ou de nouvelles acquisitions, qu’ils soient signés par des auteurs d’ici ou d’ailleurs.
L’enjeu est de maintenir les discussions vivantes, au-delà de la classe. « Les échanges que les élèves vont partager en classe pourront avoir un impact sur celles qui se poursuivront à la maison », estime Mme Leblanc, qui met de l’avant l’importance du lien entre l’école et la famille. Ces livres permettent également d’aborder des apprentissages essentiels liés aux compétences personnelles et sociales, comme la gestion des émotions, l’empathie et la résolution pacifique des conflits.
Tourner la page, ensemble
Dans une région marquée par la diversité culturelle, cette initiative rappelle que la lutte contre le racisme repose sur un engagement constant, bien au-delà d’activités ponctuelles. Elle prend racine dans des gestes simples, comme celui de lire et de partager des histoires en classe. À la Baie-James, les livres deviennent ainsi des passerelles entre les élèves, leurs réalités et celles des autres. Une façon, au fil des pages, de construire une communauté plus ouverte et solidaire.




