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Manon Cyr honorée à l’UMQ, alors que le Nord-du-Québec réaffirme une vision commune

Hind Dekkar
Guillaume Tremblay, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et Manon Cyr, ancienne mairesse de Chibougamau lors des assises de l'UMQ 2026
Publié le 20 mai 2026 par Hind DekkarGuillaume Tremblay, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et Manon Cyr, ancienne mairesse de Chibougamau lors des Assises de l'UMQ 2026 / Photo : Facebook Union des municipalités du Québec (UMQ)


Les assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), organisées du 13 au 15 mai 2026, ont servi de tribune pour rappeler les nombreux défis auxquels les municipalités québécoises sont confrontées, tout en soulignant l’engagement de certains élus ayant marqué leur région. Parmi eux, l’ex-mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, à la tête de la ville de 2009 à 2025, a reçu le titre de membre honoraire 2026. De son côté, le maire de Lebel-sur-Quévillon, Guy Lafrenière, a profité de l’événement pour remettre de l’avant les enjeux liés aux infrastructures et à la représentation du Nord-du-Québec.

Même si leurs interventions abordaient des réalités différentes, elles convergeaient vers une même idée : l’importance de défendre les intérêts régionaux et de miser sur la collaboration entre les municipalités.

Une distinction marquante pour Manon Cyr

Pour Manon Cyr, cette reconnaissance décernée par l’UMQ représente surtout « une marque d’appréciation pour le travail accompli durant ses années en politique municipale. » Elle affirme avoir été « surprise » par cette nomination, rappelant que cette distinction est attribuée chaque année à une personnalité ayant contribué de façon notable à l’avancement des enjeux municipaux. Elle mentionne également que cette reconnaissance « a une valeur particulière puisqu’elle découle d’une démarche initiée par l’actuelle mairesse de Chibougamau, Nichél Compartino ».

Bien qu’elle ne soit plus active en politique, Mme Cyr continue d’échanger avec plusieurs élus de la région, qui sollicitent parfois son avis. Elle précise toutefois qu’elle ne se voit pas comme une mentore officielle. À ses yeux, cette distinction reflète avant tout un travail collectif mené au fil des ans, notamment dans les dossiers touchant les mines, la forêt, le transport aérien ou encore la démocratie municipale.

Elle rappelle aussi que son implication au sein de l’UMQ reposait sur l’appui d’un conseil municipal engagé ainsi que sur la participation de partenaires régionaux. Aujourd’hui, elle observe l’évolution du monde municipal avec davantage de recul. Si la politique ne lui manque pas, elle demeure attentive aux questions liées à la fiscalité, aux changements climatiques et au vieillissement des infrastructures.

Guy Lafrenière insiste sur les défis du Nord

De son côté, Guy Lafrenière a surtout mis l’accent sur les difficultés structurelles vécues par les municipalités nordiques, des réalités qui, selon lui, rejoignent maintenant plusieurs régions du Québec. L’entretien des infrastructures demeure au cœur des préoccupations : « les coûts augmentent rapidement et plusieurs petites municipalités peinent à préserver leurs installations essentielles ».

Parmi les pistes de solution discutées à l’UMQ, il évoque un modèle de financement partagé où chaque dollar investi par une municipalité serait accompagné d’une contribution équivalente des gouvernements provincial et fédéral. Selon lui, cette approche permettrait d’assurer un meilleur entretien des infrastructures tout en limitant l’impact des considérations politiques sur les investissements nécessaires.

Réélu au conseil d’administration de l’UMQ comme représentant du Nord-du-Québec en mars dernier, M. Lafrenière estime essentiel de faire connaître les réalités nordiques auprès des élus des grands centres urbains. Il souligne que les discussions informelles entourant les réunions jouent souvent un rôle déterminant pour sensibiliser ses collègues aux enjeux propres à la région.

Il ajoute que la reconnaissance accordée à Manon Cyr contribue également à accroître la visibilité du Nord-du-Québec au sein de l’organisation municipale. « Cette nomination démontre que la région occupe une place importante dans les débats provinciaux, malgré son faible poids démographique ».

Questionné sur la place accordée aux dossiers nordiques pendant les assises, Guy Lafrenière explique que l’ampleur de l’événement qui a rassemblé plus de 2 000 participants, limite les échanges approfondis sur certaines réalités régionales. Les discussions plus ciblées ont plutôt lieu à l’intérieur des différents comités de travail.

Il mentionne toutefois les rencontres tenues avec les chefs des partis politiques provinciaux afin de préparer une rencontre stratégique prévue le 18 septembre 2026. L’objectif est de présenter une vision concertée du développement du Nord en vue des prochaines élections.

Une vision commune du Nord-du-Québec

Même si leurs parcours actuels diffèrent, Manon Cyr étant maintenant chroniqueuse politique alors que Guy Lafrenière poursuit son mandat d’élu, les deux partagent la même volonté de voir le Nord-du-Québec conserver une voix forte dans les instances municipales et gouvernementales.

Leurs interventions dressent le portrait d’un territoire confronté à plusieurs défis, mais animé par un esprit de collaboration et une volonté constante de représentation. À une époque où les municipalités doivent jongler avec des ressources limitées et des attentes citoyennes grandissantes, leurs propos rappellent l’importance de maintenir un dialogue régional solide et une présence active sur la scène provinciale.