
Un papier qui vaut de l'or pour Windfall

Après vingt ans de forage, d’études géologiques et de démarches réglementaires, le projet minier Windfall vient de franchir une étape majeure. Avec la délivrance du certificat d’autorisation environnementale par le gouvernement du Québec, ce dernier entre officiellement dans sa phase de développement. Porté par le géant sud-africain Gold Fields et sa filiale Groupe Minier Windfall inc., le gisement quitte le domaine des promesses scientifiques pour entrer pleinement dans sa phase industrielle.
Adossé à l'Entente Uukiimau conclue avec la Nation crie de Waswanipi, ce feu vert réglementaire débloque la construction de ce qui pourrait devenir l'une des mines d'or les plus riches du continent.
Situé à 115 kilomètres à l'est de Lebel-sur-Quévillon, Windfall dépasse le cadre d'une simple mine d'appoint; c'est un district minier à part entière. Les retombées directes et indirectes injectées dans l'économie régionale sont évaluées à près de 3 milliards de dollars. Pour la collectivité d'accueil, le franchissement de cette étape environnementale met un terme à la phase d'attente comme le souligne Guy Lafrenière, maire de Lebel-sur-Quévillon :
« Ça commence bien une journée, ça commence bien une semaine, et même un mois, finalement. J'étais très content parce que ça fait longtemps qu'on parle du projet Windfall. On savait qu'on arrivait au bout du chemin pour cette première étape, et aujourd'hui, c'est fait. »
Sur le plan opérationnel, l'isolement du site impose le recours au navettage (fly-in, fly-out) et à la vie en campement autonome. Si les mineurs ne résideront pas tous au centre-ville, Lebel-sur-Quévillon demeure le verrou stratégique du projet, à savoir l'unique porte d'entrée routière pour l'équipement lourd, les sous-traitants et l'administration régionale de la minière. Cette suractivité insuffle déjà une viabilité financière durable aux infrastructures municipales, tout en résorbant au passage la vacance du parc locatif :
« Mon aéroport est devenu rentable depuis l'arrivée de l'usine de pâte à papier et de la mine. C'est important pour la population. Avant, c'étaient les citoyens qui en assumaient les coûts d'entretien. Tous ces petits gains mis ensemble montrent que chaque avancée compte et qu'au final, la situation s'est grandement améliorée. »
Prochaine cible : février 2027 et le cap de 2029
L'obtention du certificat permet à Gold Fields d'enclencher la remobilisation progressive du personnel, de reprendre les travaux souterrains et de lancer les premiers ouvrages civils. L'entreprise vise désormais la décision finale d'investissement (DFI) auprès de son conseil d'administration d'ici février 2027. S'ensuivra un chantier de construction intensive de 24 mois pour l'usine de traitement, avec la première coulée d'or et l'exploitation commerciale projetées à l'horizon 2029. Une cadence industrielle qui épouse la temporalité propre au Nord :
« Quand on entend parler d’un projet minier, j’en discute avec mes collègues de Chapais, de Matagami ou de Chibougamau. Un projet minier, on le sait, ça prend du temps avant de devenir une mine. En 2026, ce n’est toujours pas une mine; ça le deviendra probablement en 2029. On connaît la réalité du secteur : ce sont des projets qui demandent beaucoup de patience. »
De la promesse géologique au virage industriel
Ce permis environnemental n'est pas qu'une victoire administrative pour Gold Fields, ni un simple sceau ministériel. Il marque le moment où deux décennies de spéculation géologique et d'attente institutionnelle cèdent enfin la place à la réalité du terrain. Dans une région où la forêt boréale impose sa rigueur et où chaque projet d'envergure exige de la ténacité, Windfall s'apprête à devenir l'ancre économique d'une toute nouvelle génération.
Pour Lebel-sur-Quévillon et Waswanipi, le défi des deux prochaines années ne réside pas dans l'attente passive du premier lingot en 2029, mais dans la préparation active de leur territoire. Monter les infrastructures en charge, accueillir les premiers contingents de travailleurs et consolider les services locaux. La Baie-James ne fait plus seulement que rêver à ses richesses enfouies ; elle s'apprête, à bâtir l'un des districts miniers les plus prometteurs du Nord canadien.




