Logo Aurore

Santé Québec Baie‑James mise sur la technologie et la décentralisation pour améliorer les soins

Hind Dekkar
Caroline Sabourin, présidente-directrice générale de Santé Québec Baie-James
Publié le 15 septembre 2026 par Hind DekkarCaroline Sabourin, présidente-directrice générale de Santé Québec Baie-James dans les studios d'Aurore Info, lors de son passage à Matagami le 14 septembre 2026 / Photo : Hind Dekkar


Nommée le 3 août 2026 à la tête de Santé Québec Baie-James, Caroline Sabourin de passage à Matagami, fait le point sur l'avenir des services de santé dans la région. Face aux défis démographiques, géographiques et structurels propres au Nord québécois, la nouvelle dirigeante présente les grandes lignes de sa vision. Elle mise à la fois sur l'amélioration technologique, la prise de décisions locales et la reconnaissance du personnel en place.

Les grands chantiers prioritaires : vieillissement et jeunesse

La question de l'accès et de la qualité des soins en Jamésie se pose dans un contexte où les dynamiques démographiques sont très différentes. Selon les analyses de l'équipe de surveillance de la santé publique, la région fait face à une population qui vieillit et à des problèmes sociaux chez les jeunes. Pour répondre à ces situations, la nouvelle administration commence par changer l'offre de services :

« C'est sûr que ces deux projets sont prioritaires pour Santé Québec Baie-James. Il faut adapter les services pour bien répondre à la population qui vieillit. Il faut aussi répondre aux besoins des jeunes jamésiens. »

À court terme, l'un des premiers dossiers concrets sur la table concerne l'hébergement pour aînés. Cela touche surtout le secteur de Matagami et Lebel-sur-Quévillon, où les besoins sont beaucoup plus grands que l'offre actuelle. L'objectif est de bien documenter ces manques. Cela permettra de faire les démarches nécessaires auprès de l'instance nationale pour que les aînés puissent vieillir dans leur propre localité.

Contourner l'éloignement par la télésanté

L'immensité du territoire jamésien pose des contraintes logistiques importantes. Pour limiter les déplacements des usagers vers les grands centres pour des consultations spécialisées, le développement de la télésanté pourrait jouer un rôle central. Même si certains actes médicaux demandent des plateaux techniques qui ne sont pas accessibles dans les petites municipalités pour des raisons de maintien d'expertise, comme en cardiologie, la téléconsultation offre une solution possible pour les suivis postopératoires ou les services psychosociaux.

La direction sait que la connectivité pose parfois problème dans certaines zones. Elle garantit que les centres de santé ont les réseaux nécessaires. Si les citoyens rencontrent des problèmes techniques chez eux, ils peuvent aller directement dans les centres de santé. Ils pourront alors faire leurs consultations à distance avec l'aide du personnel.

La gouvernance décentralisée et la sécurisation culturelle

L'arrivée de Santé Québec montre une volonté claire de décentraliser la prise de décision. Le modèle propose que les choix se fassent au plus près des réalités locales. Cela permet à chaque communauté d'ajuster les services selon sa démographie et sa culture. Sur un territoire où les mouvements de population et la présence des communautés autochtones marquent le quotidien, la sécurisation culturelle reste un moyen essentiel pour construire une relation de confiance entre le réseau et les patients.

Pénurie de main-d'œuvre et attractivité régionale

L'attraction et la rétention du personnel restent l'une des faiblesses du réseau dans le Nord. Pour stabiliser les équipes et réduire la dépendance à la main-d'œuvre indépendante, plusieurs mesures incitatives ont été mises en place avec le syndicat. Cela concerne surtout des secteurs critiques comme l'urgence de Chibougamau ou les postes à Radisson. Le programme de bourses pour les étudiants en sciences de la santé attire aussi beaucoup de candidats.

De plus, le stage est vu comme le meilleur moyen de persuader la relève de s’installer pour de bon en région. « Beaucoup de personnes qui vivent en ville ne savent pas à quel point c'est agréable de vivre en région. Leur permettre de faire un stage et de venir vivre l'expérience nordique, leur donnera probablement envie de rester. »

Concernant l'absence de services de première ligne non gouvernementaux, comme la dentisterie ou l'optométrie dans certaines municipalités, par exemple Matagami, la PDG rappelle que ce sont des initiatives privées. Cependant, Santé Québec Baie-James se dit prête à travailler avec les municipalités pour noter les besoins et chercher des solutions comme des cliniques mobiles ou des visites régulières.

Au terme de sa visite, Caroline Sabourin a souligné le travail soutenu des équipes sur le terrain. Malgré le manque de ressources, elles arrivent à garder la qualité de l'offre de soins de proximité :

« Même si nos équipes sont petites et qu'il y a une pénurie de main-d'œuvre, je peux vous assurer que les services sont donnés par des employés confiants, compétents et engagés. Nos équipes de travail sont vraiment bonnes. Grâce à leur dévouement et à leur passion, on arrive à maintenir les services. »

Les travaux prévus pour les prochains mois seront importants. Le message reste rassurant. La nouvelle équipe dirigeante veut garder la qualité et la continuité des services dans chaque localité jamésienne comme objectif principal.