
Les élus du Nord réclament des engagements fermes du Parti libéral du Québec

Lors de son passage à Chibougamau, le 28 septembre 2026, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a souhaité prendre le pouls du Nord‑du‑Québec en cette fin de campagne. Sa visite a réuni plusieurs maires du territoire, ceux qu'on surnomme les « entêtés de la Baie-James », ainsi que la candidate libérale locale, Sandrine Rioux. L’objectif visait à poser sur la table, sans détour, une liste de revendications historiques propres à la région.
La principale exigence est que les instances provinciales traitent le Nord à sa juste valeur. Les élus jamésiens dénoncent une vision centralisée qui applique des politiques uniformes sans égard à l'isolement géographique, au coût de la vie élevé et au profil démographique particulier du territoire.
Quatre dossiers prioritaires ressortent des discussions, à savoir l’adaptation des critères de financement des services publics, l’assouplissement des programmes de rétention des travailleurs issus de l'immigration, la compensation intégrale des frais de déplacement médical hors région, ainsi que l'établissement d'un régime forestier prévisible assurant la pérennité des usines locales.
Mobilisation politique et considération du Nord
Pour la mairesse de Chibougamau et présidente de l'Administration régionale Baie-James (ARBJ), Nichèle Compartino, la visite d'un chef de parti dans la dernière ligne droite de la campagne constitue un signal tangible qu’elle espère voir se traduire dans les urnes :
« De pouvoir mobiliser un chef de parti qui se déplace en toute fin de campagne dans le dernier sprint, je pense que ce n’est pas rien et j’ai bien l’impression que c’est un geste qui va toucher les Jamésiens. L’important pour moi, c’est que nos citoyens soient mobilisés, qu’ils sortent et qu’ils envoient un message fort à Québec, notamment quant à l’importance de se préoccuper du Nord dans l’écosystème québécois. »
Inadéquation des programmes et équité dans les services
Le maire de Matagami, René Dubé, s’est pour sa part fait le relais des réalités du terrain. Il a entre autres illustré son propos en évoquant les règles encadrant le remboursement du transport médical, lesquelles pénalisent des citoyens contraints d’effectuer des centaines de kilomètres pour recevoir des soins. Il réclame ainsi une réelle flexibilité gouvernementale :
« Les régions ressources possèdent chacune leurs spécificités, leurs propres couleurs. Pour notre part, nous avons exposé celle qui est la nôtre, c’est‑à‑dire la réalité quotidienne que nous vivons. Il est véritablement nécessaire que les programmes soient adaptés à cette réalité, car les grands centres ne sont pas les seuls à composer le territoire. Tout cela est connu, mais il demeure essentiel que l’appareil gouvernemental prenne pleinement en compte cette réalité. »
Inclusion sociale et avenir de la filière forestière
Enfin, le maire de Lebel-sur-Quévillon, Guy Lafrenière, a soulevé deux enjeux déterminants pour la survie des collectivités nordiques. Il veut à la fois garantir un accueil digne aux nouveaux arrivants et maintenir la stabilité de l’industrie du bois. Il attend du prochain gouvernement un cadre réglementaire prévisible, capable de rassurer les investisseurs tout en garantissant l’acceptabilité sociale :
« Je suis un peu tanné d’entendre l’expression “gens de l’immigration”. Il ne s’agit pas de gens de l’immigration, mais de personnes qui vivent au Québec, des êtres humains et des Québécois à part entière. J’espère sincèrement que nous saurons en prendre soin et créer les conditions nécessaires pour qu’ils demeurent ici. En ce qui concerne la foresterie, il est impératif de mettre en place un nouveau régime forestier robuste, cohérent et socialement acceptable, de manière à offrir de véritables garanties pour l’avenir de nos usines et scieries. »
Alors que la campagne touche à sa fin, les leaders de la Baie-James ont réitéré que leur appui demeurera conditionné à des engagements fermes en faveur d’une gouvernance adaptée au Nord-du-Québec.




