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Le Nord-du-Québec met de l’avant ses priorités au sein du Conseil des régions

Hind Dekkar
Denis Lamothe, député d'Ungava
Publié le 6 mai 2026 par Hind DekkarDenis Lamothe, député d'Ungava / Photo : Hind Dekkar


Le 23 avril 2026, le gouvernement du Québec a tenu la première rencontre officielle du tout nouveau Conseil des régions, créé à la suite du remaniement ministériel du 21 avril 2026. Placée sous la responsabilité du ministre délégué aux Régions, Mathieu Lévesque, cette instance regroupe désormais 18 députés provenant des 17 régions administratives. L’objectif est d’améliorer la circulation de l’information entre les réalités du terrain et le pouvoir central. Pour le Nord-du-Québec, c’est le député d’Ungava, Denis Lamothe, qui y siège. À ses yeux, cette nouveauté change profondément la manière dont les enjeux régionaux sont entendus à Québec.

Jusqu’à maintenant, chaque région était associée à un ministre responsable, souvent basé à Québec et chargé de multiples dossiers. Avec le Conseil des régions, cette façon de faire évolue, ce sont désormais des députés élus dans les régions qui portent directement ces réalités. « Avant, il y avait un ministre qui était attitré comme responsable de la région », rappelle Denis Lamothe, en évoquant les passages de Pierre Dufour, Jean Boulet et Ian Lafrenière. Selon lui, la nouvelle structure permet que « la représentativité au niveau régional soit directement reliée […] avec un député représentant ».

Le Conseil se réunira toutes les deux semaines, en présence du ministre Lévesque ainsi que de membres du cabinet du premier ministre. Cette proximité avec les décideurs change la dynamique, affirme M. Lamothe : « Je suis assis à la table, et j’ai une meilleure écoute que je l’avais avant ».

Trois priorités mises de l’avant

Dès sa participation aux travaux du Conseil, Denis Lamothe a identifié trois dossiers majeurs pour le Nord-du-Québec. Le premier concerne le navettage ou « fly-in fly-out », une pratique qu’il critique pour ses impacts sur les communautés locales. Depuis 2019, il réclame des compensations financières annuelles pour les municipalités concernées et dit avoir intensifié ses efforts depuis l’automne dernier.

Le deuxième enjeu touche les écarts dans les conditions de travail en santé et en éducation, notamment entre la Jamésie et le Centre régional de santé des Cris. Il évoque une « disparité des conditions de travail sérieuses » et affirme travailler à mieux documenter et corriger ces inégalités.

Enfin, il plaide pour le rétablissement complet de la Direction régionale de la sécurité civile, actuellement limitée à deux employés à Chibougamau. Dans un territoire exposé à divers risques comme les feux de forêt ou les ruptures d’approvisionnement, il estime essentiel de renforcer les capacités d’intervention.

Questionné sur la différence entre son rôle actuel et celui d’un ancien ministre responsable de région, Denis Lamothe met de l’avant l’absence d’intermédiaire. « Il n’y a pas d’intermédiaire pour aller directement […] faire les représentations de dossiers », souligne-t-il.

Le député participe désormais aux discussions aux côtés des ministres concernés selon les dossiers abordés, ce qui, selon lui, accélère la prise en compte des réalités régionales. Il mentionne aussi sa relation de longue date avec Mathieu Lévesque : « C’est un gars que je connais très bien depuis déjà 2012 », un atout qui faciliterait les échanges et la compréhension des enjeux nordiques.

Une initiative à suivre

Le Conseil des régions se veut un outil de gouvernance plus souple, mieux connecté aux réalités locales et davantage en phase avec les préoccupations des élus sur le terrain. Les prochaines rencontres permettront d’évaluer concrètement son influence sur les décisions gouvernementales.

Pour le Nord-du-Québec, Denis Lamothe souhaite tirer profit de cette nouvelle tribune afin de faire progresser des dossiers en attente depuis longtemps. Les enjeux qu’il défend : mobilité de la main-d’œuvre, équité des conditions de travail et sécurité civile, illustrent des défis bien ancrés dans la région. Reste à voir si cette nouvelle structure permettra d’y répondre de manière plus efficace.