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Investissements routiers et aéroportuaires au Nord-du-Québec : un effort majeur, mais encore insuffisant pour la Baie-James

Hind Dekkar
Route 109
Publié le 8 mai 2026 par Hind DekkarPhoto : Hind Dekkar


Le gouvernement du Québec prévoit investir 173,17 M$ dans les infrastructures routières et aéroportuaires du Nord-du-Québec entre 2026 et 2028. Cette enveloppe est présentée comme un levier important afin d’améliorer la mobilité, renforcer la sécurité et soutenir le développement économique d’un territoire immense où les besoins demeurent considérables.

Parmi les travaux annoncés, Québec prévoit réaménager l’intersection de la route 113 et de la rue Poplar, à l’entrée de Waswanipi, asphalter différents segments de la route 113 entre Miquelon et l’intersection du chemin d’Oujé-Bougoumou, puis effectuer du rechargement granulaire ainsi qu’une remise sur gravier de la route 19900 (route 1000) sur les quatorze premiers kilomètres. Le gouvernement confirme aussi la reconstruction complète de l’aérogare de Matagami, un dossier réclamé depuis plusieurs années par les communautés locales et les acteurs économiques de la région.

À l’échelle du Québec, 77 % des montants annoncés seront consacrés au maintien des infrastructures existantes, une approche que le gouvernement décrit comme responsable et durable. Le député d’Ungava, Denis Lamothe, estime que ces investissements vont dans la bonne direction, même si les besoins demeurent supérieurs aux budgets disponibles. « C’est bon, mais ça pourrait être très bon », affirme-t-il, rappelant que les routes de la Jamésie subissent une forte pression liée notamment au transport industriel.

Une part importante des sommes annoncées concerne le secteur aéroportuaire, qui recevra 96,64 M$. La reconstruction de l’aérogare de Matagami figure parmi les projets prioritaires. Questionné sur les critères ayant mené à cette décision, Denis Lamothe indique ne pas connaître tous les détails, tout en défendant la pertinence du projet : « C’était un besoin, puis moi j’en suis bien content », souligne-t-il, ajoutant que plusieurs infrastructures du territoire nécessitent des travaux, mais que Matagami représentait l’un des dossiers les plus urgents.

Au total, les investissements dans la région, incluant 4,81 M$ provenant de partenaires, se répartissent entre l’amélioration des chaussées (29,546 M$), la réfection des structures (24,883 M$), l’efficacité et la sécurité du réseau routier (22,101 M$), ainsi que les infrastructures aéroportuaires (96,64 M$). En 2025, plusieurs travaux ont déjà été réalisés, dont la reconstruction du tablier du pont situé au-dessus des rapides Entre les Îles, sur le chemin d’accès à Oujé-Bougoumou.

Malgré ces annonces, le Nord-du-Québec demeure la région qui reçoit le moins de financement en proportion de la taille de son territoire et du nombre de kilomètres de routes à entretenir. Une situation que le député d’Ungava reconnaît sans détour. « On travaille là-dessus et on fait les représentations nécessaires », affirme-t-il, tout en admettant que les investissements actuels, même importants, ne suffisent pas à répondre à l’ensemble des besoins d’un territoire aussi vaste et stratégique.

À la Baie-James, où les infrastructures jouent un rôle essentiel pour la sécurité, l’approvisionnement et le développement économique, le financement demeure un enjeu majeur. Les sommes annoncées marquent une progression importante, mais la question de la pérennité des routes et des installations aéroportuaires reste toujours d’actualité.