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Élections provinciales 2026 : le Parti NUL cherche un candidat pour porter le vote d’insatisfaction dans Ungava

Nicolas Fivel
Après 12 ans d’absence, la formation politique souhaite offrir aux électeurs et aux électrices une façon nouvelle d’exprimer leur insatisfaction en prônant l’ajout d’une option « NUL » sur les bulletins de vote.
Publié le 9 septembre 2026 par Nicolas FivelIllustration d'un vote nul déposé dans une urne / Photo : site internet du Parti NUL

Vers une première participation depuis 2014 ?

À moins d’un mois des élections générales provinciales du 5 octobre 2026, le Parti NUL est actuellement à la recherche d’une personne prête à représenter ses couleurs dans la circonscription d’Ungava. Fondée en 2009, la formation politique souhaite notamment offrir une nouvelle option aux électeurs et aux électrices qui ne se reconnaissent plus dans les candidatures traditionnelles.

Alors que la date butoir pour déposer une candidature est fixée au 17 septembre prochain, la présence du Parti NUL dans Ungava serait une première depuis 2014. À l’époque, Matthew Guillemette représentait le parti et avait obtenu 1,28 % des voix.

Depuis sa création, il défend l’idée d’une représentation politique permettant aux personnes en âge de voter d’exprimer clairement leur insatisfaction lorsqu’aucun candidat ne correspond à leurs attentes. Son fondateur, Renaud Blais, considère que le système électoral devrait assurer aux citoyens la possibilité de faire entendre ce choix alternatif.

« Notre objectif est d’apporter une représentation et une visibilité au niveau de tous les votes d’insatisfaction […] pour qu’ils aient l’option de cocher une case "aucune de ces réponses" », avance M. Blais.

Une présence limitée, mais une volonté de s’implanter

En date du 8 septembre, le Parti NUL comptait 45 candidats répartis dans les 127 circonscriptions que compte le Québec. Toutefois, la circonscription d’Ungava ne figure pas encore partie sur cette liste, malgré une course électorale qui prend forme peu à peu.

En effet, plusieurs candidatures sont déjà connues dans la circonscription, incluant celles de Sonia Caron pour le Parti Québécois et de Sandrine Rioux pour le Parti libéral du Québec. La campagne compte également une récente candidature de la Coalition avenir Québec, avec Amélie Béchard, après le retrait de M. Paul Dadie plus tôt ce mois.

La codirigeante du Parti NUL, Jenny Cartwright, estime même qu’Ungava constitue une illustration particulièrement probante des limites actuelles du système électoral. Elle affirme qu'« Ungava est probablement le meilleur exemple du fait que la démocratie, en ce moment, n’est pas représentative. »

« En 2022, 30 % de la population d’Ungava a voté, ce qui fait que le député élu a gagné avec 3 132 voix : on parle d’une circonscription qui couvre 53 % de la province et il y a juste 3 000 personnes qui ont voté en faveur de la personne qui dirige actuellement », remarque-t-elle.

Pour Mme Cartwright, ces données illustreraient un « déficit démocratique » auquel il est nécessaire de répondre en proposant une façon nouvelle d’exprimer son opinion politique via le bulletin de vote.

« Une réflexion critique » sur le système électoral

Renaud Blais estime que les personnes qui s’impliquent déjà au sein de la formation politique partagent globalement une même préoccupation. « Une réflexion critique à l’égard des insuffisances du système », résume le fondateur lorsqu’il décrit le profil de personnes engagées auprès du parti.

De son côté, Jenny Cartwright pense qu’une candidature pourrait être trouvée avant la date limite du 17 septembre. La personne sélectionnée sera appelée à défendre la proposition centrale : permettre aux électeurs et aux électrices de choisir officiellement l’option « NUL » sur les bulletins de vote.

Cette option viserait à distinguer clairement un vote de contestation d’un simple bulletin annulé. Le Parti NUL s’intéresse entre autres aux bulletins raturés ou annotés de messages, qu’il considère comme une forme d’expression de l’insatisfaction électorale.

Enfin, Renaud Blais souhaite que les citoyens puissent être davantage « impliqués dans le processus de décisions » et qu’ils puissent avoir « un impact sur les lois ».