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Christine Fréchette annonce 76 M$ en redevances pour soutenir l’habitation et freiner le navettage

Hind Dekkar
De gauche à droite : Guy Lafrenière, maire de Lebel-sur-Quévillon — Amélie Béchard, candidate caquiste dans Ungava — Christine Fréchette, cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et première ministre et René Dubé, maire de Matagami
Publié le 30 septembre 2026 par Hind DekkarDe gauche à droite : Guy Lafrenière, maire de Lebel-sur-Quévillon — Amélie Béchard, candidate caquiste dans Ungava — Christine Fréchette, cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et première ministre et René Dubé, maire de Matagami / Photo : Hind Dekkar


En campagne électorale, la cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et première ministre, Christine Fréchette, était à la Baie-James le mardi 29 septembre 2026. Elle était accompagnée du député sortant d'Ungava, Denis Lamothe, et de la candidate caquiste Amélie Béchard. La délégation a rencontré des représentants de municipalités et d'organismes locaux, dont le maire de Lebel-sur-Quévillon, Guy Lafrenière, le maire de Matagami, René Dubé, et la directrice générale de l'Administration régionale Baie-James (ARBJ), Marie-Claude Brousseau.

Trois sujets ont dominé les échanges, à savoir retenir les travailleurs en région, adapter les politiques forestières aux réalités du terrain et revoir la compensation financière tirée des ressources naturelles.

Plus de marge de manœuvre pour freiner le fly-in fly-out

Le défi démographique est connu, en effet, dans le secteur minier et industriel, une bonne partie de la main-d'œuvre arrive par avion et repart de même. La CAQ propose d'augmenter les retombées versées au territoire. Christine Fréchette s'est engagée à faire passer les redevances régionales de 38 à 76 millions de dollars par année :

« L’un des moyens envisagés consiste à doubler les redevances perçues dans votre région, ce qui pourrait vous offrir une marge de manœuvre financière substantielle. Parce que vous avez besoin d'avoir des infrastructures modernes [...] pour que les gens aient le goût de venir s'établir ici puis d'y rester. »

L'objectif est de donner aux décideurs locaux les moyens d'améliorer le cadre de vie et de financer les investissements nécessaires pour fixer la main-d'œuvre. Mme Fréchette a aussi rappelé que le "très grand" éloignement fait grimper le coût des infrastructures et du logement abordable.

Forêt : une gestion à repenser depuis les régions

Le secteur forestier traverse une restructuration et une période d'incertitude économique. La CAQ dit vouloir abandonner les modèles législatifs uniformes dictés depuis Québec et privilégier des politiques inspirées de ce qui se fait déjà en région.

Le programme mise sur des projets pilotes menés avec les municipalités, les MRC, le privé et les Nations autochtones. L'idée est d'établir un cadre de gestion durable propre aux aspirations de chaque communauté avant de le transformer en règlement.

Relève politique et grands projets industriels

La rencontre a aussi servi à officialiser la passation entre le député sortant Denis Lamothe, dont les élus régionaux ont salué le bilan, et la candidate Amélie Béchard. Ingénieure de formation et entrepreneure établie dans le milieu, Amélie Béchard veut servir de courroie de transmission directe entre le Nord-du-Québec et l'appareil gouvernemental.

Amélie Béchard, candidate caquiste dans Ungava aux côtés de Christine Fréchette, première ministre et cheffe da la Coalition Avenir Québec (CAQ)  Photo : Hind DekkarAmélie Béchard, candidate caquiste dans Ungava aux côtés de Christine Fréchette, première ministre et cheffe da la Coalition Avenir Québec (CAQ)

L'approvisionnement énergétique a également été soulevé. Les intervenants ont qualifié l'octroi récent d'un bloc de 70 mégawatts de jalon déterminant pour le projet minier Troilus, jugé structurant pour l'emploi local, aux côtés des opérations de Rio Tinto.

« On savait que c'était stratégique. Donc, l'octroi de ces mégawatts va permettre justement à la région de se développer avec un nouveau grand projet, et c'est important, les projets structurants. »

Un bilan jugé à l'aune des enjeux nordiques

Cette tournée survient alors que le bilan gouvernemental en développement nordique suscite des lectures divergentes. La majorité met de l'avant les sommes investies en habitation, estimées à 43 millions de dollars récemment dans la région, et son soutien aux projets miniers stratégiques. Les autorités locales, elles, rappellent les difficultés qui persistent, notamment la pénurie de logements, le coût des transports, la rétention des services de santé et d'éducation.

Enfin, le scrutin à venir dans Ungava dira comment ces engagements financiers et méthodologiques sont reçus par une population sensible à l'équilibre entre exploitation des ressources et autonomie décisionnelle régionale.