
Charles Milliard rencontre les “entêtés” et promet un rééquilibrage des services publics

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, s'est arrêté à Chibougamau le 28 septembre dernier accompagné de Sandrine Rioux, candidate du PLQ dans Ungava. Il y a rencontré les « entêtés de la Baie-James », aux côtés notamment des maires de Chibougamau, Chapais, Matagami et Lebel-sur-Quévillon, ainsi que de représentants de l'Administration régionale Baie-James (ARBJ) et d'Attraction Baie-James. Sentiment d'abandon, accès précaire aux services publics, besoin de développement économique, le chef libéral mise sur l'occupation du territoire et la création de richesse locale.
Sur place, la volonté des résidents de rester dans leur milieu se heurte chaque jour à des contraintes structurelles. Soins de santé primaires difficiles d'accès, places en garderie insuffisantes, avenir incertain pour la forêt. La dégradation de l'équité territoriale par rapport aux grands centres urbains domine les revendications de la population et de ses élus.
L'équité territoriale au cœur des revendications
Pour M. Milliard, ces doléances disent l'attachement à la région, mais aussi l'écart qui se creuse entre les impôts que paient les citoyens et les services qu'ils reçoivent :
« Les gens sont très émotifs et fiers de rester ici, ils veulent juste avoir accès aux services pour lesquels ils paient des impôts, comme les gens qui habitent à Longueuil ou à Lévis. »
Cette inégalité se voit d'abord en santé. Les résidents doivent souvent rouler jusqu'en Abitibi-Témiscamingue pour des soins de base. De Matagami, obtenir un rendez-vous chez le dentiste ou voir un spécialiste suppose bien souvent de prendre la route jusqu'à Amos, et donc de sacrifier une journée de travail.
Pour freiner le recours systématique au navettage aérien et stabiliser les effectifs dans les communautés, le Parti libéral propose de revoir la dotation du personnel médical avec les structures régionales de santé de la Baie-James.
Modernisation industrielle et autonomie financière
Appuyés par les analyses de l'Administration régionale Baie-James, les maires réclament une impulsion politique claire pour pérenniser l'occupation du territoire. Sans promettre d'argent qui n'existe pas, la direction libérale soutient que le financement des services sociaux et des infrastructures passe par la modernisation du cadre d'exploitation des ressources naturelles.
Le plan repose sur la révision des redevances minières et sur une refonte du régime forestier, afin de donner une meilleure prévisibilité à des acteurs comme Chantiers Chibougamau, et favoriser la deuxième et la troisième transformation du bois, en partenariat direct avec l'industrie et les Premières Nations.
« En établissant des conditions favorables au développement des industries primaires, telles que la foresterie et le secteur minier, nous serons en mesure de générer des revenus fiscaux localement, que nous pourrons ensuite réinvestir dans les régions. »
L'approche mise sur une concertation accrue entre communautés cries, inuites et allochtones, avec des occasions de co-développement économique, notamment dans l'éolien.
Une circonscription clé aux enjeux élevés
Ces propositions arrivent en fin de campagne dans Ungava, où le Parti libéral dispute le siège au Parti Québécois. Pour la formation, ce territoire nordique pèse lourd. Sur le terrain, le parti s'appuie sur sa candidate Sandrine Rioux, présentée comme représentative de la jeunesse et du dynamisme entrepreneurial de la région.
« C'est très important pour nous. On a un bel historique dans Ungava, puis on a surtout une candidate exceptionnelle, Sandrine Rioux [...]. Avec Sandrine, on va s'assurer de générer des gains pour le Nord-du-Québec. »
Photo : Hind DekkarSandrine Rioux, candidate libérale dans Ungava aux côtés de Charles Milliard, chef du Parti libérale du Québec (PLQ) L'avenir du Nord-du-Québec ne se décidera pas dans les salons de l'Assemblée nationale, ni sur une grille budgétaire rédigée à la hâte. Il se dessine déjà là-bas, porté par l'obstination tranquille de ceux qu'on appelle les « entêtés », pour qui habiter le territoire n'est pas une posture politique mais une condition d'existence. En promettant de faire des redevances minières et de la résine de pin des leviers d'équité territoriale, Charles Milliard parie sur une conciliation difficile entre la réalité du terrain et la rigueur des bilans comptables.




