
Baie-James : la SAAQ met en garde contre les risques accrus de la conduite avec les facultés affaiblies

Alors que se tient la Semaine québécoise de prévention de la conduite avec les facultés affaiblies, du 16 au 22 mars 2026, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) renforce ses efforts de sensibilisation. Elle rappelle que conduire avec les facultés affaiblies reste l’une des principales causes de collisions mortelles dans la province, malgré des conséquences judiciaires, financières et humaines pourtant bien connues.
Chaque année, près de 28 % des décès sur les routes sont liés à l’alcool, ce qui représente environ une centaine de victimes et près de 190 blessés graves. « Derrière ces chiffres, il y a des vies brisées », souligne la SAAQ. Parents, enfants, conjoints, amis ou collègues : un seul geste imprudent peut bouleverser bien plus que la vie du conducteur.
Un territoire immense, des dangers accrus
Dans le Nord, les routes s’étendent sur de longues distances, les nuits sont particulièrement sombres et les trajets exigent souvent des heures de conduite. Ces conditions accentuent les risques. « Pour le Nord-du-Québec, 50 % des conducteurs décédés testés avaient de l’alcool dans le sang, comparativement à 28 % pour l’ensemble du Québec », précise Mme Geneviève Perron, porte-parole de la SAAQ . Même si 43 % des Québécois admettent avoir déjà conduit après avoir consommé de l’alcool, il n’existe pas de données spécifiques pour la Baie-James. Néanmoins, les statistiques d’accidents parlent d’elles-mêmes.
Durant l’hiver, certains travailleurs peuvent passer jusqu’à 16 heures sur la route dans l’obscurité, ce qui accentue la fatigue. « Quand on parle de facultés affaiblies, on ne parle pas juste d’alcool. Ça peut être la fatigue, la drogue ou des médicaments. Conduire est une tâche extrêmement complexe », rappelle la porte-parole.
Des solutions, même en région éloignée
Dans les camps de chasse ou les villages isolés, les options pour rentrer peuvent sembler limitées. Mme Perron reconnaît cette réalité, mais insiste sur l’importance de prévoir : « Personne n’a envie de se blesser ou de blesser quelqu’un d’autre. » Elle propose des alternatives simples comme, désigner un conducteur, dormir sur place ou choisir des boissons sans alcool, « il y a aujourd’hui des bières sans alcool absolument délicieuses. » Planifier son retour que ce soit avec un conducteur désigné, un taxi, un service de raccompagnement, le transport collectif ou un hébergement demeure la meilleure façon d’éviter un drame. La SAAQ indique qu’un taux d’alcoolémie de 0,05 augmente de 4,5 fois le risque d’accident mortel. Le message est donc sans équivoque : « Lorsqu’on boit, on ne conduit pas. Il n’y a pas matière à interprétation. »
Cannabis : un risque à ne pas sous-estimer
Même si la présence de cannabis est moins fréquente chez les conducteurs décédés dans le Nord que dans le reste du Québec, elle reste préoccupante. « La présence de drogues n’est jamais à négliger. Ça diminue les réflexes, le jugement et le temps de réaction. »
Au-delà des substances, un autre enjeu pèse lourdement sur la sécurité routière dans la région. Les travailleurs des secteurs minier, forestier ou énergétique parcourent de longues distances, souvent en état de fatigue. La SAAQ intensifie donc ses actions auprès des employeurs. « On vient tout juste de sortir une trousse aux entreprises sur la fatigue au volant. Il y a des guides, des présentations, des quiz. C’est clé en main », explique Mme Perron.
Motoneige : mêmes règles, mêmes risques
La motoneige, très utilisée en Baie-James, est soumise aux mêmes règles. Pour les conducteurs qui doivent utiliser un antidémarreur éthylométrique, la conséquence est la même; à savoir qu'il est impossible d’installer un tel dispositif sur une motoneige, ce qui revient à devoir y renoncer complètement.
Enfin, Mme Perron rappelle qu'un choix peut réellement tout changer. Lorsqu’on tient à ses proches, on les encourage à rester sur place, car chaque accident entraîne des conséquences concrètes qui touchent la famille, les collègues et l’ensemble de l’entourage. Une épreuve que personne ne devrait avoir à traverser.




