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À Lebel-sur-Quévillon, le feu de la Saint‑Jean reste un symbole incontournable

Hind Dekkar
Feu d'artifice
Publié le 23 juin 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Le grand retour du feu de la Saint-Jean-Baptiste à Lebel-sur-Quévillon, véritable institution culturelle et touristique du Nord-du-Québec, est attendu cette année. Si l'événement continue de rassembler la communauté et d'attirer des visiteurs d'ailleurs, sa formule a beaucoup changé. On sent une vigilance accrue face aux risques d'incendie de forêt, qui ont durement marqué la région ces dernières années.

Une hauteur réduite pour plus de sécurité

Autrefois record du monde Guinness pour ses dimensions spectaculaires, le bûcher de Lebel-sur-Quévillon atteignait des hauteurs impressionnantes. Au sommet de la tradition, lancée vers le milieu des années 1970, la structure mesurait entre 15 et 18 mètres (environ 50 à 60 pieds). Mais avec le temps, la municipalité et les organisateurs ont choisi la prudence en réduisant la taille du brasier.

Les incendies de forêt historiques de l'été 2023 restent dans toutes les mémoires. Ils avaient forcé l'évacuation complète de la population à deux reprises et détruit des centaines de milliers d'hectares de forêt boréale en Jamésie. Ce contexte climatique impose désormais des règles de sécurité très strictes. Pour l'édition 2026, la hauteur maximale du feu est limitée à 7,6 mètres (25 pieds).

« Après les feux de 2023, on est beaucoup plus nerveux, si on peut dire. Maintenant, c'est 25 pieds maximum. Mais même à 25 pieds, ça reste un gros feu », explique Guy Lafrenière, maire de Lebel-sur-Quévillon.

Pour limiter les risques de propagation, le choix des matériaux a aussi été revu. Le comité privilégie des essences de bois qui produisent moins d'étincelles et brûlent plus lentement, de façon plus prévisible.

Un moteur économique porté par une relève engagée

Même si la tradition a 50 ans, l'événement tient grâce à un comité de bénévoles dynamique, composé en grande partie de citoyens de 30 ans et moins. Cette relève assure la logistique d'une programmation qui s'étale sur plus d'une semaine, jusqu'au point culminant, celui du début des feux le 23 juin à 23 h 59.

Côté finances, l'événement est plutôt autonome. La Ville apporte son soutien, notamment avec une enveloppe récente de 4 000 $ dédiée à la sécurité, mais les revenus de la billetterie, des concessions et la présence de nombreux spectateurs payants couvrent l'essentiel des coûts.

L'impact touristique est majeur pour la municipalité. Le festival, enrichi de nouvelles activités populaires comme la tire de camions, affiche complet chaque année, saturant les campings et les hébergements locaux.

Sauf en cas d'interdiction de faire des feux lors de sécheresse extrême ou pendant les incendies de 2023, le rendez-vous n'a presque jamais été annulé. Pour les élus comme pour les habitants, maintenir cette tradition est devenu un exercice d'équilibre constant : « Depuis que je suis jeune, je crois que je n'en ai encore manqué aucun », confie Guy Lafrenière.

Les festivités ont débuté le 13 juin et culminent cette semaine. À Lebel-sur-Quévillon, célébrer la fête nationale ne se résume plus seulement à perpétuer un rassemblement historique, c'est aussi prouver qu'un événement d'envergure peut s'adapter aux exigences de la sécurité publique.