
Ungava : Sandrine Rioux promet une action rapide face aux urgences criantes

Le territoire d'Ungava est vaste, enclavé et confronté à des défis historiques majeurs. Face à ces réalités, Sandrine Rioux, candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription, et André A. Morin, porte-parole de l'opposition officielle pour le Nord-du-Québec, ont présenté les lignes directrices de leur plateforme. Le parti souhaite ainsi répondre de manière ciblée aux urgences des populations jamésiennes, cries et inuites à travers la décentralisation des services de santé, la relance du logement, la redistribution des redevances minières et la protection renforcée des femmes.
Photo : Parti libéral du Québec Sandrine Rioux, candidate libérale dans la circonscription d'UngavaSanté et jeunesse : renforcer la première ligne et la prévention
En raison de l'éloignement géographique, l'accès aux soins de santé et la rareté des spécialistes demeurent des obstacles majeurs pour les résidents de la région. Pour stabiliser l'offre de soins dans le Nord-du-Québec, le PLQ fonde sa stratégie sur le renforcement des services de proximité et l'apport des nouvelles technologies :
« Il faut d'une part renforcer notre première ligne [...] multidisciplinaire et qu'elle ne soit pas trop surchargée pour être capable de bien répondre à la population », affirme Sandrine Rioux.
Le programme libéral prévoit également le déploiement d'une offre de télésanté accessible en tout temps, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cette initiative vise à relier directement les citoyens aux médecins, infirmières, pharmaciens et physiothérapeutes pour désengorger les urgences locales.
Sur le plan financier, le PLQ s'engage à porter la part consacrée à la prévention de 1,5 % à 5 % du budget global de la santé. Selon Mme Rioux, cet investissement stratégique sera rentable à terme, soulignant qu'un dollar investi en prévention permet souvent d'en économiser dix à cent dollars dans le futur.
Toutefois, la santé physique ne représente qu'une partie de l'équation, car l'isolement territorial affecte aussi profondément la santé mentale des plus jeunes. Devant les données alarmantes de l'Administration régionale Baie-James (ARBJ) sur l'isolement et la détresse psychologique chez les jeunes, le parti promet d'instaurer une commission d'enquête sur la santé mentale de la jeunesse québécoise. En complément, il annonce le recrutement de plus de 1 000 professionnels supplémentaires dans les écoles, incluant des psychoéducateurs, des psychologues et des travailleurs sociaux.
Petite enfance et logement : lever les freins au développement
Ce bien-être des jeunes et des familles est étroitement lié aux conditions de vie matérielles de la région, où le manque de services et d'habitations freine directement l'épanouissement des collectivités.
La pénurie de places en service de garde ainsi que la crise du logement nuisent gravement à l'attractivité du Nord et au recrutement de travailleurs. Pour y remédier, la candidate libérale propose d'allouer un soutien financier direct financé par l'exploitation des ressources naturelles, tout en adaptant les solutions aux contraintes locales, qu'il s'agisse de la pénurie d'éducatrices à Chibougamau ou du manque de locaux physiques à Matagami.
Parallèlement, à l'échelle nationale, le PLQ met en avant la construction de 100 000 logements par an pour rééquilibrer l'offre et la demande, incluant 40 000 unités abordables et sociales sur cinq ans. Le plan prévoit d'accélérer la délivrance des certificats et permis provinciaux afin de réduire les délais de chantier.
Sandrine Rioux rappelle la portée symbolique de cet objectif collectif et le rapproche des grandes réalisations nordiques d'autrefois :
« C'est en référence à Robert Bourassa et son projet de 100 000 emplois, pendant la création de la Baie-James. [...] À l'époque, on disait aux libéraux que ce n'était pas faisable de créer 100 000 emplois. On l'a fait, on est prêt à le refaire. »
Économie, fiscalité et infrastructures : redistribuer la richesse locale
Au-delà de la construction d'habitations, l'occupation dynamique du territoire nécessite une économie régionale forte capable de retenir ses habitants sur le long terme. Pour contrecarrer le déclin démographique et atténuer les contraintes liées au navettage aérien (fly-in/fly-out), le Parti libéral propose d'instaurer un mécanisme de redevances aux collectivités minières pour retourner directement une part des revenus miniers aux municipalités du Nord. Ces sommes serviraient à moderniser les infrastructures récréatives, routières et communautaires, tout en améliorant le cadre de vie pour retenir les familles et la main-d'œuvre.
Dans cette optique d'autonomie régionale, le PLQ rejette l'imposition par Québec d'objectifs démographiques centraux et arbitraires.
« On veut que ce soit les régions qui fixent leur propre niveau, qui regardent leurs besoins en main-d'œuvre et qui déterminent combien de personnes elles veulent attirer. »
Sur le plan de l'immigration régionale, le député André A. Morin insiste sur la stabilité du statut des travailleurs étrangers temporaires déjà implantés dans le Nord, notamment en s'appuyant sur le Programme de l'expérience québécoise (PEQ). Il souligne que la priorité du Parti libéral est d'assurer que ces travailleurs déjà établis et logés puissent demeurer sur place.
Néanmoins, le développement économique et l'attraction de nouveaux résidents demeurent tributaires de l'état des réseaux de transport et de la gestion des ressources locales. La dégradation du réseau routier constitue un problème critique pour la sécurité des déplacements et le transport des marchandises dans la circonscription. Pour y pallier, le Parti libéral propose d'augmenter la part du Plan québécois des infrastructures (PQI) allouée aux municipalités, la faisant passer de 4,4 % à 8 %. De plus, le plan prévoit de consacrer 75 % du budget annuel du PQI au maintien et à la réfection des actifs existants tant que 80 % des infrastructures québécoises n'auront pas atteint un état jugé acceptable.
Photo : Hind Dekkar André A. Morin, porte-parole de l'opposition officielle pour le Nord-du-Québec, pour les Relations avec les Premières Nations et les Inuit et pour la Justice aux côtés de Sandrine Rioux, candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Ungava, lors d'une entrevue dans les studios d'Aurore Info Sur le plan des ressources, André A. Morin annonce qu'un éventuel gouvernement libéral déposerait, dès la première année de son mandat, un projet de loi destiné à moderniser le régime forestier québécois, un pilier économique crucial pour le Nord.
Condition féminine : justice, sécurité et présence sur le terrain
Bien que les infrastructures matérielles et le développement économique soient essentiels, ils doivent s'accompagner d'un environnement social sûr et juste pour l'ensemble des citoyennes.
Dans une région marquée par l'isolement géographique et par des taux alarmants de violence conjugale accentués au Nunavik par une succession de drames humains, la sécurité des femmes s'impose comme une urgence sociale prioritaire. Pour Sandrine Rioux, l'égalité des genres doit se traduire par des actions concrètes sur le terrain :
« L'égalité est un combat éternel qu'on doit continuer à livrer. Concrètement, il y a énormément de violence. Je pense particulièrement aux femmes autochtones et aux femmes qui disparaissent. »
Pour répondre à cette crise, le parti préconise un déploiement accru de ressources d'urgence. Cela inclut le financement de maisons d'hébergement sécurisées dans les communautés éloignées ainsi que l'élargissement de l'accès à l'aide juridique. André A. Morin précise que la lutte contre les féminicides exige un partenariat direct de nation à nation, axé sur la prévention précoce et sur un accompagnement judiciaire continu des victimes et de leurs proches.
Enfin, sur le plan mémoriel et symbolique, interrogée sur l'absence de toponymie honorant les femmes dans la région, la candidate rappelle que cette compétence relève des municipalités, tout en s'engageant à encourager les élus locaux à reconnaître publiquement le rôle des pionnières qui ont façonné le Nord.
En somme, la circonscription d'Ungava illustre un réel paradoxe, à savoir une terre de géants industriels où les routes s'effritent et où la richesse minérale côtoie des pénuries de services élémentaires. En réutilisant l'approche de Robert Bourassa pour répondre aux urgences contemporaines, du logement à la protection des femmes, le Parti libéral fait le pari de convaincre qu'un plan élaboré à Québec saura, cette fois, épouser la réalité brute au nord du 49e parallèle.




