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L'industrie forestière québécoise, « une affaire d’ambition nationale » pour Chantiers Chibougamau

Hind Dekkar
Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et Frédéric Verreault, vice-président aux affaires corporatives chez Chantiers Chibougamau, lors de la visite du chef du PLQ à l'usine de Chibougamau
Publié le 2 octobre 2026 par Hind DekkarCharles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et Frédéric Verreault, vice-président aux affaires corporatives chez Chantiers Chibougamau, lors de la visite du chef du PLQ à l'usine de Chibougamau / Photo : Facebook Charles Milliard


Les leaders politiques de la province multiplient les déplacements en région. Le 28 septembre dernier, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, s'est rendu dans le Nord-du-Québec pour, entre autres, visiter les installations de Chantiers Chibougamau. Cette démarche s'inscrit dans une tradition d'échanges avec la classe politique, à l'instar des passages de François Legault en 2018 et de Gabriel Nadeau-Dubois en 2022.

Frédéric Verreault, vice-président aux affaires corporatives du groupe, voit dans cette rencontre une occasion d'expliquer les réalités opérationnelles d'un secteur souvent méconnu des décideurs métropolitains.

Une vision nationale pour la filière forestière

Au-delà de la courtoisie d'usage, la direction de l'entreprise appelle le futur gouvernement de la province à adopter une politique industrielle ambitieuse pour la ressource forestière. M. Verreault insiste sur le fait que la transformation du bois ne constitue pas un enjeu purement local, mais bien un levier économique névralgique pour l'ensemble du Québec :

« Ce que je souhaite d'un prochain gouvernement, dans l'intérêt supérieur du Québec, c'est qu'on ait de l'ambition pour le secteur forestier québécois. Si le secteur forestier était localisé dans le triangle urbain entre Terrebonne, Dorval et Mirabel, ce serait tout aussi important de le développer et de le stimuler. Ce n'est pas une affaire de petite économie régionale. »

La main-d'œuvre immigrante : un pilier opérationnel en Jamésie

Tout en réservant son appréciation sur la plate-forme électorale du Parti libéral, la direction rappelle l'importance cruciale de l'immigration pour le maintien de l'activité industrielle en Jamésie. La pénurie de main-d'œuvre locale contraint en effet le groupe à s'appuyer massivement sur le recrutement international pour faire fonctionner ses usines à Chibougamau, Matagami et Lebel-sur-Quévillon.

À Chibougamau, un travailleur sur trois en usine provient ainsi de l'immigration. Le groupe compte également une quinzaine de ces employés à Matagami et près d'une trentaine à Lebel-sur-Quévillon.

« Ces hommes et ces femmes jouent un rôle clé dans nos usines jamésiennes, nous en avons cruellement besoin. Si ce n'est pas eux, il n'y a personne d'autre. Si on les perd, c'est tout le système qui est disloqué. »

Des critères d'accès à la résidence permanente jugés inadaptés

Tout en affirmant son attachement à la pérennité de la langue française dans les communautés nordiques, le vice-président remet en question la rigidité des exigences linguistiques réglementaires imposées aux travailleurs de la transformation industrielle pour l'obtention de la résidence permanente.

Selon l'entreprise, les barèmes actuels appliqués au personnel d'usine manquent de pragmatisme en exigeant des compétences écrites comparables à celles requises pour des professions libérales ou des ordres professionnels.

« Pour pouvoir avoir la résidence permanente et jouer un rôle dans une usine du Nord-du-Québec, une personne doit maîtriser le français comme un notaire formé à l'étranger ou un ingénieur qui étudie des plans et devis à l'écrit. C'est ridicule. Ce n'est pas ça le rempart contre une érosion du français. On veut une place forte au français dans nos communautés et nos usines, mais il faut qu'on ait une réflexion plus intelligente sur ces questions. »

À la veille du verdict des urnes, prévu le 5 octobre prochain, Chantiers Chibougamau espère que la réalité démographique et industrielle des régions ressources sera pleinement intégrée dans les orientations stratégiques du prochain gouvernement québécois.