Logo Aurore

Baie-James : les élus promettent de faire valoir les enjeux territoriaux

Hind Dekkar
De gauche à droite : Guy Lafrenière, maire de Lebel-sur-Quévillon — René Dubé, maire de Matagami — Amélie Béchard, candidate caquiste dans Ungava et Marie-Claude Brousseau, directrice générale de l'Administration régionale Baie-James (ARBJ)
Publié le 2 octobre 2026 par Hind DekkarDe gauche à droite : Guy Lafrenière, maire de Lebel-sur-Quévillon — René Dubé, maire de Matagami — Amélie Béchard, candidate caquiste dans Ungava et Marie-Claude Brousseau, directrice générale de l'Administration régionale Baie-James (ARBJ) / Photo : Hind Dekkar


Lors de son passage à Lebel‑sur‑Quévillon, le 29 septembre 2026, Christine Fréchette a échangé avec les élus jamésiens au sujet de leurs dossiers prioritaires. Les municipalités ont exprimé leur souhait d’obtenir des réponses concrètes.

Une rencontre à huis clos avec les maires de la région a précédé un rassemblement public. Trois enjeux majeurs ont dominé les discussions, à savoir la rétention démographique, l'entretien des infrastructures et le partage des redevances minières. Bien qu’ils aient salué la présence de la cheffe caquiste, ces derniers, dont le maire de Lebel‑sur‑Quévillon, Guy Lafrenière, ont affiché un pragmatisme prudent face aux promesses électorales :

« C'est intéressant de voir qu’ils viennent dans la région parler des régions, parce qu'aux nouvelles ou à la télévision, on n'entend pas beaucoup parler des régions. »

Le roulement administratif à Québec dénoncé par les élus

Le passage de Mme Fréchette s'inscrit dans un contexte de transition au sein de la formation au pouvoir, marqué par le départ de François Legault et la réorganisation des équipes ministérielles. Selon Guy Lafrenière, cette instabilité de personnel nuit directement à la continuité des projets. Chaque changement d'interlocuteur force la municipalité à reprendre les démarches à zéro, ce qui ralentit considérablement l'avancement des dossiers :

« Quand tous les gens changent de place à Québec, on recommence à neuf, c'est là que ça n'a aucun sens. On avait un ministre dans la région, en cours de route on change de ministre [...], il ne connaît pas nos dossiers, et on est obligé de tout recommencer. »

Redevances minières

Parmi les revendications présentées à la Première ministre figure le retour d'une partie des redevances minières perçues sur le territoire. La Jamésie fait face à une dynamique démographique particulière liée au navettage. Selon les données municipales, environ un travailleur sur quatre occupant un emploi hautement rémunéré réside à l'extérieur de la région. La collectivité se voit ainsi privée de recettes fiscales locales, alors même que ses infrastructures publiques sont sollicitées par l'ensemble des effectifs miniers.

Les représentants municipaux précisent qu'ils ne sollicitent pas d'enveloppes budgétaires extraordinaires, mais plutôt une rétrocession équitable de la richesse extraite de leur sol pour assurer le maintien des services offerts aux 13 300 Jamésiens.

« Les travailleurs retournent dans leur famille dans d’autres régions, ce qui nous prive des moyens nécessaires pour maintenir les infrastructures que tous utilisent. Les ressources se trouvent dans le Nord‑du‑Québec, les mines également, et nous y vivons nous aussi. »

À l'aube du scrutin, les « entêtés de la Baie-James » entendent maintenir la pression sur le futur gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, afin de faire entendre la voix du territoire nordique.