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Rétention et compétences : les défis propres aux régions minières nordiques mis en lumière

Hind Dekkar
Conférenciers et panelistes lors du 11e colloque sur la formation minière
Publié le 8 octobre 2026 par Hind DekkarConférenciers et panelistes lors du 11e colloque sur la formation minière / Photo : Institut national des mines du Québec (INMQ)


L'Institut national des mines du Québec (INMQ) a tenu son 11ᵉ colloque annuel au Centre de congrès de Thetford, en Chaudière-Appalaches. Rassemblant plus d'une centaine de participants, notamment des industriels, des enseignants et des représentants gouvernementaux, l'événement a mis en lumière un enjeu déterminant pour l'avenir des territoires ressources, à savoir l'adaptation des compétences aux réalités du terrain et aux transitions écologiques du secteur minéral.

Placée sous le thème « La formation : au cœur des transitions du secteur minier », cette rencontre visait à positionner le développement du capital humain et l'agilité pédagogique au centre des transformations technologiques et environnementales de l'industrie.

« Ce 11ᵉ colloque sur la formation minière représente un moment inspirant qui réaffirme notre volonté de demeurer un leader national en matière de formation minière. L'événement a mis de l'avant un programme de conférences en adéquation avec les enjeux du secteur minier actuel et futur », indique Christine Duchesneau, présidente-directrice générale de l'INMQ.

Spécificités régionales et rétention de la main-d'œuvre

À la Baie-James comme sur la Côte-Nord, les entreprises minières évoluent dans des contextes opérationnels, humains et géographiques bien distincts de ceux du sud de la province. Afin de dresser un état des lieux, l'Institut planche actuellement sur l'actualisation de son étude comparative des pratiques de formation dispensées en entreprise entre 2013 et 2025. Drissa Ouattara, conseiller recherche et projets à l'INMQ, en a dévoilé les résultats préliminaires.

Interrogée sur la possibilité de produire des données propres aux districts nordiques pour aider les décideurs locaux à orienter leurs investissements, la direction de l'Institut s'est montrée ouverte à cette distinction territoriale :

« Les éléments sectoriels sont très nombreux au Québec au niveau du secteur minier, mais rares sont ceux qui mettent la formation au cœur même des discussions [...] On a vraiment ratissé toutes les entreprises minières partout au Québec pour comparer ce qui s'est fait en 2013, 2016, 2019 et 2025. S'il y a lieu, nous pourrions intégrer un point ou un chapitre spécifique sur les distinctions entre les différents districts miniers dans l'étude finale prévue au premier trimestre de 2027. »

L'intégration durable des communautés autochtones constitue l'autre grand chantier stratégique du secteur. En 2024, l'INMQ a lancé un outil d'accompagnement pédagogique destiné aux centres de formation professionnelle, élaboré en étroite collaboration avec le Centre de formation professionnelle (CFP) de la Baie-James.

La chercheuse Émilie Deschênes a présenté la suite de ces travaux. Intitulée « L'apprentissage en emploi comme levier à la rétention de la main-d'œuvre des Premiers Peuples », son étude propose des démarches concrètes pour aider les compagnies minières à adopter des pratiques de gestion et d'encadrement culturellement sensibles. L'objectif est de faire de l'apprentissage en milieu de travail un levier d'inclusion et de rétention durable pour les travailleurs de la région.

Économie circulaire et minéraux critiques

Le colloque a également abordé la transition vers les technologies vertes et l'exploitation des minéraux critiques et stratégiques, tels que le lithium et le graphite. En ouverture, Chantal Rossignol, du Centre d'études et de recherche intersectorielles en économie circulaire (CERIEC) de l'ÉTS, a rappelé l'ampleur du défi, puisque le Canada vise un taux d’économie circulaire de 17 % d’ici 2032, alors que le niveau actuel plafonne à 2,5 %.

Un panel d'experts, modéré par l'ancienne sous-ministre associée aux Mines Nathalie Camden, s'est penché sur les occasions de valorisation des résidus et sur les compétences à développer pour accompagner cette mutation. Pour la direction de l'INMQ, l'objectif fondamental reste le maintien d'une adéquation constante entre les besoins du milieu minier et les programmes d'enseignement :

« L'enjeu, c'est toujours la formation. On en parle parce qu'il y a beaucoup d'attentes et que le secteur évolue très vite. Il faut s'assurer que la formation réponde aux besoins du secteur minier et que les finissants soient parfaitement adaptés aux nouvelles réalités. »

La journée s’est terminée par une visite de l’écosystème d’innovation de Thetford Mines, scellant des échanges fructueux entre les centres de décision, le milieu éducatif et les acteurs du terrain nordique.