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La SAAQ rappelle une réalité particulièrement sensible en Baie‑James

Hind Dekkar
Route 109
Publié le 16 octobre 2026 par Hind DekkarRoute 109 / Photo : Hind Dekkar


Face à la persistance des collisions mortelles qui continuent de faucher des vies à travers la province, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) déploie le second volet de sa campagne intitulée « Un mort par jour, on est tous responsables de notre conduite ». Baptisée « Les proches », cette nouvelle phase donne la parole aux survivants afin de rappeler le coût humain des comportements imprudents, une réalité qui résonne avec une acuité particulière dans les communautés isolées de la Baie-James.

Le constat demeure alarmant. En moyenne, au moins une personne perd la vie chaque jour sur les routes québécoises. Alors que le premier volet s'attachait à illustrer la statistique brute par la voix de divers usagers de la route (automobilistes, piétons, cyclistes et motocyclistes), cette nouvelle étape vise un électrochoc émotif. À travers des capsules diffusées à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux, des citoyens témoignent de l'onde de choc provoquée par le décès soudain d'un être cher.

Des facteurs de risque bien connus, mais toujours meurtriers

Les causes sous-jacentes aux drames routiers demeurent inchangées, imposant un rappel constant. Selon la SAAQ, la vitesse excessive ou inadaptée demeure en cause dans un accident mortel sur trois. À cela s'ajoutent la distraction causée notamment par le cellulaire ou l'inattention, la conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool, les drogues ou les médicaments, ainsi qu'un facteur souvent sous-estimé, à savoir la fatigue au volant, dont les effets se comparent à ceux de l'intoxication :

« Une fatigue extrême sur le corps humain peut avoir les mêmes effets qu'une consommation d'alcool. [...] Le message commence progressivement à percoler, mais l’essentiel demeure de rappeler à la population qu’il est crucial de ne pas prendre le volant lorsqu’on est fatigué, et encore moins après avoir consommé des substances », explique Geneviève Côté, porte-parole de la SAAQ.

Les récits mis en lumière incarnent cette tragique réalité, qu'il s'agisse d'un père de famille endeuillé ou d'une femme, dont le conjoint a perdu la vie sur un rang rural en revenant d'une soirée entre amis.

Une réalité singulière en milieu nordique

Bien que le message soit universel, il revêt un sens particulier en Baie-James et dans le Nord-du-Québec. L'immensité du territoire, la longueur des trajets et le tissu social serré des municipalités jamésiennes accentuent la portée de chaque drame.

Dans ces milieux restreints, l'annonce d'un décès se répand rapidement et ébranle toute la collectivité, touchant parfois directement les premiers répondants appelés à intervenir :

« Les policiers dépêchés sur les lieux, qui constate le décès ou les blessures d’une victime, peuvent parfois connaître cette personne ou être familier avec son entourage. »

Du drame individuel à la prise de conscience collective

L'objectif de la SAAQ est d'extraire le bilan routier de la simple rubrique des faits divers pour exposer la fracture sociale et familiale qu'il engendre. Accompagnés par des professionnels tout au long de la démarche, les témoins ont accepté de tourner dans des lieux significatifs afin d'offrir un témoignage empreint de sincérité. Cette initiative invite chaque conducteur à se reconnaître dans ces histoires et à adopter une conduite préventive au quotidien :

« Il ne s’agit pas d’un simple fait divers relayé au bulletin de nouvelles, c’est le début d’un drame pour les proches qui demeurent. C’est précisément ce que nous avons voulu mettre en lumière avec le nouveau volet de la campagne. »

En faisant appel à la responsabilité de chacun, la campagne rappelle que derrière chaque chiffre se trouvent des familles brisées et qu'un seul geste imprudent au volant peut changer à jamais le destin d'une communauté entière.