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Après 36 ans d’engagement, Alain Dumas prône le “ralentir pour mieux ressentir”

Hind Dekkar
Alain Dumas, lors de sa conférence à Matagami
Publié le 5 octobre 2026 par Hind DekkarAlain Dumas, lors de sa conférence à Matagami / Photo : Hind Dekkar


Dans le cadre d’une conférence empreinte de sobriété et d’humour, l’artiste et conférencier Alain Dumas s’est arrêté à Matagami le 1 octobre dernier, pour livrer un message de réflexion sur nos rythmes de vie frénétiques. Fort d'un parcours de 36 ans d'engagement bénévole auprès d'Opération Enfant Soleil, l'animateur invite la population à réévaluer ses priorités professionnelles et personnelles.

Pendant plusieurs décennies, le quotidien d'Alain Dumas a été dicté par une cadence effrénée, télévision, radio, humour et tournées . Aujourd'hui, fort de cette expérience auprès des familles et des enfants malades, cet artiste polyvalent propose un temps d'arrêt. Sa démarche, articulée autour du concept « ralentir pour mieux ressentir », trouve une résonance particulière à la Baie-James, où la proximité humaine façonne le tissu social.

Au-delà de l'image : la genèse d'un engagement

Lorsqu'il a été approché pour la première fois par Opération Enfant Soleil, Alain Dumas jouissait d'une visibilité médiatique considérable. Prendre conscience du pouvoir d'attraction de la notoriété est une chose ; lui donner une portée véritable en est une autre. Dès le départ, l'animateur a refusé de limiter sa contribution à un simple exercice de représentation :

« Je comprenais qu'on me voulait pour l'image, mais je me disais qu’il m’était nécessaire de m’investir avec sincérité, par conviction, afin que mon engagement ait véritablement du sens. C'est la nuance entre y aller pour l'image et le fait que ça fait 36 ans que je suis là aujourd'hui. »

Cette quête d'authenticité l'a conduit à nouer des liens durables avec les jeunes et leurs parents. Au fil des rencontres avec des enfants atteints de maladies graves ou dégénératives, le bénévole affirme avoir reçu de précieuses leçons de résilience. Contrairement aux démarches axées sur la simple vitrine publique, son parcours met en lumière une vision de l'implication sociale où l'écoute et l'apprentissage mutuel deviennent les véritables moteurs de l'épanouissement.

Au cours de son allocution, l'intervenant a partagé plusieurs anecdotes poignantes illustrant la profondeur des échanges vécus en milieu hospitalier. L'une d'elles concerne une adolescente de 12 ans, rencontrée au CHU Sainte-Justine, dont la maturité l'a marqué durablement :

« Elle disait : "Moi, je ne veux pas être identifiée comme une enfant malade, je ne suis pas qu'une maladie, je suis un enfant en dehors de ça." J'ai fait "waouh", quelle réflexion extraordinaire ! »

Accompagner des jeunes dont l'état de santé reste fragile implique une charge émotive considérable. Confronté à la souffrance des familles, le conférencier explique puiser sa force dans le respect du rôle parental, cherchant à maintenir une présence stable et utile sans se laisser submerger par la peine.

Un appel à la solidarité nordique

De passage à Matagami, Alain Dumas a souligné l'accueil chaleureux des résidents ainsi que la quiétude des lieux, propice à la prise de recul. Invité à s'adresser aux Jamesiens, dont les collectivités reposent largement sur l'implication citoyenne, il a rappelé la valeur fondamentale de l'entraide.

« Le bonheur, c'est d'aider, c'est vrai, on le voit dans le regard des autres. Et s'il y a peu de gens, si on est une petite communauté [...], il faut absolument s'unir pour avoir cette lumière collective, pour être capable de grandir ensemble. »

Interrogé sur ses projets d'avenir — une question récurrente dans une carrière caractérisée par un rythme intense —, l'artiste a réitéré son intention première, celle d’appliquer à lui-même le principe de sobriété temporelle qu'il transmet désormais.